Les cyclones : une épée de Damoclès sur le récif corallien

Gaël n’aura pas fait des dégâts que sur l’île, mais aussi sur le récif corallien qui l’entoure et la protège. Le ruissèlement des eaux dû aux fortes pluies et la forte houle dégradent encore un peu plus la barrière corallienne. Le cyclone Féringa en 1989 avait détruit 90% du récif corallien de Saint-Pierre.
La semaine dernière, La réserve Marine avait déjà souligné le problème du blanchissement des coraux provoqué par le réchauffement climatique. Lorsque la température des océans s’élève, les coraux expulsent les algues qui donnent leur couleur, blanchissent et deviennent plus vulnérables.
Les activités humaines tel que l’agriculture entraine dans les eaux pluviales des produits toxiques comme le nitrate et le phosphate qui favorisent le développement des algues qui finissent par étouffer les coraux.
Auparavant, c’est la couverture végétale de basse altitude qui retenait l’eau qui ruissèlent aujourd’hui jusqu’à la mer. Mais depuis que l’homme a colonisé l’île, il a remplacé la végétation par la Savane. Le récif corallien s’étend aujourd’hui sur 25 km. A la Saline, les deux tiers des coraux du récif réunionnais ont disparu en dix ans. A l’Hermitage et à l’Etang salé, c’est la moitié de la surface qui ont disparus. Cela est dû à la pollution des eaux, mais aussi aux blanchissements. Tous ces phénomènes conjugués favorisent l’extinction de récif corallien.
Cela fait plus de dix ans que le Parc Marin, aujourd’hui devenu la réserve Marine Nationale, surveille l’état de santé du récif corallien. Ils ont 14 stations de suivis scientifiques, dont sept sur les platiers coralliens à l’intérieur des lagons et sept autres sur les pentes externes qui vont de dix à quinze mètres de profondeur. Chaque année, ils mesurent les coraux, pour voir comment évoluent les recouvrements coralliens et effectuent un comptage des poissons. Mais sur les quatorze stations, trois d’entre elles situées en pente externe présente des résultats très médiocres, notamment à la Saline les bains, à l’Hermitage et à l’Etang-Salé ou le repeuplement se fait très difficilement.
La barrière corallienne préserve l’île de l’érosion provoquée par la houle et sans elle, c’est la disparition à long terme de nos plages, et de milliers d’espèces animales qui y vivent.
Images vidéo : Bruce Cauvin


