Revenir à la rubrique : Société

Les Chroniques de Tonton Jules #66

L’actualité est pleine de motifs de désespérance mais, au milieu de tout cet amoncellement de crimes, monstruosités variées, catastrophes naturelles navrantes et autres charias incompréhensibles, il y a souvent matière à rigoler aussi. Heureusement, car que serait l’Humanité sans un soupçon d’ironie et de moucatage ? Tenez, par exemple…
Ecrit par zinfos974 – le mardi 24 août 2021 à 12H35

Quand l’Université donne le « mauvais » exemple…

J’aime bien M. Frédéric Miranville. Au JT, voici deux jours, il expliquait très bien dans quelles conditions, bonnes ou mauvaises, s’effectuait la rentrée universitaire. Sans se perdre dans les méandres et circonvolutions habituels de nos têtes galonnées, maîtrisant son sujet, il nous donnait une idée précise et claire de la chose. C’est très bien, 18/20. Mais on pense qu’à ce niveau, un universitaire de très haut bagage donne l’exemple au vulgum pecus de ce qu’est le bon usage de la langue française ; à laquelle, vous l’avez sans doute constaté, je suis particulièrement attaché. Et là, « horreur, malheur », monsieur le Président a usé et abusé de la locution « quelque part » qu’on retrouve plutôt habituellement dans le verbe de ceux qui ont besoin de « meubler » leur incurie. Ce n’était encore rien. Plus loin, on a entendu, confondus de stupeur, « qui va permettre à ce que ». Ça in zossaille i res’ dans mon gosier ! « Permettre que, permettre de », oui, mais jamais « à ce que ». La note descend à 12/20 du coup. Je sais, ma note personnelle ne va pas grimper dans la cote d’amour que me vouent mes habituels détracteurs mais si vous saviez à quel point je m’en contrefous.

Kalou pilon : qui aime bien…

L’émission de Jacky Revel a repris du poil de la bête et c’est une très bonne émission, surtout pour les gourmets/gourmands/cuisiniers que nous sommes. Revel lui-même a nettement amélioré sa prestation et prouvé qu’il a des connaissances culinaires-péi tenant la route. Je l’ai vu émincer des oignons avec une aisance de grand commis de cuisine sans se hacher l’ongle ni le doigt. Bravo mec ! L’émission en elle-même a été d’un excellent niveau : tué cochon, gratte cochon, dévide cochon… Un chef aussi rondouillard que son talent nous a fait saliver avec des recettes qui devraient être interdites à l’écran car ce sont de vrais péchés de gourmandise. On lui pardonne. J’ai relevé cependant quelque chose qui m’a fait bondir. Dans la recette du fromage de tête, le tueur cochon a plongé la tête dans l’eau bouillante pour la cuire afin de la débiter plus facilement. C’est une hérésie ! Pour avoir « traité » plusieurs ti cochons noirs pendant mes années d’enseignement à Marla (il y a… un sacré bail), je dis, affirme, prétends que la tête cochon se débite « à cru », tel quel, comm’ ça minm. On y met le temps qu’il faut mais on ne cuit pas la tête ! Le goût est différent… surtout lorsqu’on oublie, « horreur malheur », l’ingrédient essentiel de cette merveille, la noix muscade ! Pour le reste, rien à signaler… sinon que si tous les numéros de la série promettent d’être aussi bons, je n’en raterai pas un épisode.

« J’ai trois amours… » (inside joke)

Gros coup de blues et les larmes aux yeux en apprenant que la grande Joséphine entrait au Panthéon. Tout le monde connaît « La revue nègre », la ceinture de bananes, les seins nus sur scène, la loufoquerie du personnage. Mais bien peu savaient que Madame Joséphine Baker avait été une authentique Résistante et agent des services secrets de la France libre. Décorée par le Général, lequel n’accordait pas sa reconnaissance à n’importe qui. Dans son château du sud-ouest, elle a adopté nombre d’orphelins du monde entier, « ma tribu arc-en-ciel ». Madame Baker a aussi été une fervente militante des droits civiques et de l’antiségrégationisme auprès de ce grand monsieur que fut Martin Luther King. Tout ça pour une toute petite bonne femme née dans la misère et morte dans un total dénuement ! Seconde femme au Panthéon auprès de la vénérée Simone Weil, et première femme noire. J’adorerais être un Malraux ou un d’Ormesson pour la saluer lorsqu’elle sera là. « Entre ici, Joséphine, avec ton cortège de douleurs, de courage, d’audaces, de générosité ! Paris et la France ont des milliers d’amours où tu as une place de choix et d’honneur. Nous vous aimons, Madame ». Pour une fois, une, je vais dire merci au président Macron.

« Kéré » continue… hélas !

J’ai été très heureux de savoir que l’opération « Kéré », initiée par Jean-Marc Colienne, se poursuivait. Le JT nous abreuve des horreurs talibanes, de la détresse en Haïti et c’est juste : rien ne doit être oublié. Mais, bien plus proche de nous, il y a cette immense détresse du Sud malgache. Une région que je connais, j’y suis resté quinze jours pour l’opération « Enfants du monde ». A cette époque, c’était il y a 25 ans, Ambovomby, Amboasary… ces gens n’étaient pas riches mais ils travaillaient et, surtout, ils vivaient, plantant manioc, pommes-de-terre, patates douces, sisal ; élevant zébus et cabris. « Ils sont pauvres mais ils sont heureux de vivre », me disait une infirmière des Trinitaires. Aujourd’hui, une mère garde son nourrisson au sein des heures durant, espérant lui accorder quelques hypothétiques gouttes de lait qui ne le maintiendront pas en vie bien longtemps.

Et pendant que le Président TGV se pavane à Paris, ce sont encore les Réunionnais qui se décarcassent pour aider le maximum à ne pas mourir. Je suis pour. Même si je sais que l’incompétence gouvernementale est un prétexte pour les gouvernements de laisser faire les ONG et autres bonnes volontés, ce n’est pas une raison pour laisser périr ces victimes désignées de « notre » détérioration climatique. Ce pourquoi je me réjouis de voir l’ami Colienne re-booster son opération Kéré. Et il y a urgence, les frères ! Sinon, des millions de nos cousins de naissance vont se perdre sans avoir ne serait-ce que la force de se plaindre. Dis-moi, ami Colienne : comment puis-je t’aider ?

 

Etiquettes :

Dans la même rubrique

0💬
Tri :