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Les Chroniques de tonton Jules - #166

Pour une fois, une ! que le président fait quelque chose de bien, ça ne nous écorchera pas la gu... de le reconnaître. Son projet de fin de vie est honorable. Il y a trop de personnes qui n'en finissent plus de souffrir atrocement parce que la loi ou la religion leur interdisent de passer volontairement de l'autre côté. Presque touts les présidents (presque) ont une bonne action à leur actif. De Gaulle en a eu mille : la Résistance, le droit de vote des femmes, la Sécurité sociale pour tous, la nationalisation du Crédit qui a permis aux classes défavorisées d'accéder aux biens de consommation... Giscard a activement soutenu Simone Weil et aussi accordé la majorité à ceux qui avaient de droit de se faire tuer au front mais pas d'être adultes. Mitterrand a poussé dur derrière Badinter. Chirac a soutenu Badinter et s'est dressé contre le bretzel de Washington lors de l'invasion de l'Irak. Pour les autres présidents... je ne vois rien, ma soeur Anne. A part qu'ça, à vous de juger. Veloma !
Ecrit par Jules Bénard – le lundi 18 mars 2024 à 14H43

« Lycée » Juliette-Dodu 

J'ai suivi avec passion le documentaire consacré à cette grande dame qu'est Thérèse Baillif. Je m'en vais  rectifier un tout petit point d'histoire à l'intention de ceux trop jeunes pour le savoir.

L'établissement Juliette-Dodu pour les filles n'était pas un lycée de plein exercice proprement dit mais une annexe, un prolongement du Lycée de garçons Leconte-Delisle de la rue Jean-Chatel. JD n'avait d'ailleurs pas de proviseur comme tout lycée de France mais une directrice, une charmante vieille dame, madame Lapierre (du temps où j'étais « pancu » à « LLL ». Son supérieur hiérarchique direct était le proviseur Zéphirin, à savoir notre vénéré Albert Lougnon. Le réfectoire commun était chez nous. Nous déjeunions les premiers après la dernière classe, à 11h30, puis la salle était vite remise en état par nos amis des cuisines, Picard, Germinal, Pandion, Vidot..., et les lycéennes se restauraient. Le soir, c'était l'inverse. Quoiqu'il en fût, elles et nous, on mangeait comme des sauvages, exception faite des frites et de la salade parisienne traditionnelle du dimanche soir.

Croissance perpétuelle

Le credo de notre société du profit est l'enrichissement perpétuel : en gagner toujours plus !

Je ne suis pas contre l'enrichissement. Il est humain de vouloir mieux.

Mais... quand on a beaucoup, pourquoi en vouloir plus ?

Lorsqu'on vous glissera dans la tombe, vous en garnirez vos salières ?

Or, c'est précisément cette philosophie du « toujours plus » qui gouverne nos moindres actions. C'est le principe d'action des multinationales.

Prenons exemple sur la Nature, cette grande dame : lorsque le lion a faim, il tue une antilope.

Pas deux !

Ramboasalama

On en a parlé très récemment à la télévision. Là encore, une petite précision me vient... Ramboasalama, « fort comme un chien » en langue des Hauts Plateaux, était roi d'une tribu mérina de la région de ce qui allait devenir Antanarivo. Cette époque était celle d'une guerre farouche entre tribus et clans. Lesquels vivaient alors au sein d'enceintes fortifiées au sommet des collines. Ils ne les quittaient que pour aller chasser et, accessoirement, piller quelque tribu voisine. Ramboasalama décida de mettre fin à cette situation aberrante qui interdisait tout développement. A la tête d'une forte armée, ce chef de guerre s'en fut à la conquête de tout le pays malgache, y compris dans les zones extrêmes du Nord et du Sud.

Il parvint à pacifier les 18 tribus, la paix s'installa et, en même temps, un miracle économique. Il est à souligner que c'est le seul exemple, dans l'histoire du monde, où une conquête guerrière sanglante est suivie d'un essor économique rapide : ne craignant plus les attaques des rivaux, les tribus sortirent de leurs enceintes fortifiées et cultivèrent les immenses plaines, inventant même un ingénieux système de remontée d'eau des plaines vers les plateaux surélevés, d'où ces immenses rizières qui caractérisent l'Île-Rouge.

Ramboasalama fut proclamé roi de Madagascar, installa son palais à Antananarivo et régna sous le nom d'Andrianampoinimérina 1er, soit « le roi des mille collines ».

« La troisième jeunesse »

Joël Bègue a-t-il lu Pierre Loti ?

Attention : je ne vais pas dire du mal de Joël Bègue, grand bonhomme auquel je voue une profonde admiration. Ce qu'il a fait pour nos Vieux est considérable à tout point de vue et je déplore comme tout le monde son départ prématuré.

Je veux juste parler de l'expression « troisième jeunesse » dont certains semblent lui attribuer la paternité.

Cette expression remonte à Pierre Loti, officier de marine et romancier, qui a tiré tous ses sujets de ses pérégrinations à travers la planète. Le Japon lui a inspiré un de ses romans les moins connus, « La troisième jeunesse de mademoiselle Prune ». L'histoire d'une dame exerçant un métier respecté au Pays du soleil levant car nécessitant un doigté très spécial. Et puis l'âge met son veto.

Ce qui n'enlève rien au mérite de Joël Bègue.

Un diplôme de maloya ? Oté sanpié !

Est-ce un poisson d'avril en avance sur le calendrier ? Parce que sinon, ça craint.

Je sais... En France, on légifère sur tout et rien. Mais ça, ça vaut son pesant de vavangues.

Un diplôme d'État bac + 3 pour enseigner les rythmes régionaux !!!

Vous en connaissez, vous, des diplômés issus du Midi enseignant les rythmes bretons mieux qu'Alan Stivell ? Un diplômé venu de Dunkerque connaissant le maloya et le séga mieux que Danyel Waro, mieux que Pounia, mieux que Maya Kamaty, mieux qu'Harry Pitou, mieux que Christian Ducap, mieux que Guillaume Legras ?

Il ne faut pas nier que des Zoreils puissent totalement se fondre dans nos rythmes si spéciaux. Quand j'étais à La Sakay, j'avais créé mon petit orchestre de bal avec musiciens créoles et malgaches. Et un Zoreil, notre batteur Christian Robin. Il pouvait tout accompagner sur ses fûts... sauf le séga et le salegy. Pour les séquences séga/salegy/maloya, il cédait sa batterie à Philippe Baptisto.

Je le disais, je connais deux Zoreils (entre autres)... Mon ami Joël, grand musicien, qui a immédiatement « saisi la coupure ». Et aussi le grand, le très grand La Selve, hélas parti ailleurs, le seul Zoréole ayant rédigé un formidable ouvrage sur « Les instruments traditionnels de l'océan Indien ».

Il faut en finir avec les idées reçues !

Les Zoreils aiment le séga, le maloya, la biguine, le calypso, comme moi j'adore le séga mais aussi le rock et Beethoven !

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