Les Chroniques de Tonton Jules - #145

Mme. Manès-Bonisseau, parlant de l’inénarrable « parcours sup », auquel même un polytechnicien aguerri entrave que dalle, a eu une phrase qui en dit long : « Il y a un très fort pourcentage d’échec en première année d’études supérieures ». Mais qui cela peut-il étonner ? Madame la Rectrice n’a pas cité de chiffre ; je vais donc remplir le blanc : deux tiers d’échecs en 1è année de Fac ! Pour deux raisons essentielles.
Première raison : on oblige les bacheliers, sans leur demander leur avis, à suivre des études qu’ils n’ont pas choisies. Tu voulais le Droit ? Va donc voir en Géographie si j’y suis ! Autrefois, avant toutes ces réformes successives plus débiles qu’un pét de lapin, je sortais de philo, je m’inscrivais en Droit sans rien demander à personne et sans que quiconque y trouve à redire.
Seconde raison : l’enseignement français, autrefois un des meilleurs du monde, est classé aujourd’hui environ en 160è position, juste derrière le Malawi ou les îles Tonga. L’immense prestige de notre Sorbonne, une Université rayonnant sur l’Occident depuis le Haut Moyen-Âge, n’est plus que son ombre. La Faculté de médecine de Montpellier, la première créée en Europe, dont le prestige s’étendait bien au-delà de nos frontières avec celle d’Agadès (la toute première au monde), était si courue qu’on refusait du monde. Qu’en reste-t-il ? Ah si ! Il reste des techniques opératoires imitées dans toute la planète, mais c’est bien tout.
Parce que notre enseignement français se résume à du n’importe quoi consistant à accumuler des réformes pour le plaisir de laisser son nom dans l’Histoire.
Ainsi… Lorsque j’étais enseignant, à la Sakay, on nous avait obligés (même nous, les prof de Lettres en collège !) à nous former aux « maths modernes » et leur corollaire, les hermétiques ensembles, une sombre fumisterie dont plus personne ne sait de quoi il s’agit.
Ainsi… La Fontaine a disparu des programmes alors qu’il s’agissait d’un merveilleux moyen d’entraîner la mémoire, comme les conjugaisons, les tables de multiplication, la preuve par neuf, etc. Pour ne pas surcharger la tête des pauvres petits chéris. Plus con tu meurs !
J’ai pu personnellement suivre cette déchéance. Lorsque ma fille entra en 5è au collège des Tamarins, à Saint-Pierre, très bonne en français (je veillais au grain, tu parles !), je causais un scandale en réunion prof/parents : en classe de cinquième, on « apprenait aux élèves » comment faire une introduction de rédaction. Je rêvais là, ou quoi ?
On connaissait la rédaction depuis le cours moyen deuxième année. En sixième, on abordait déjà la dissertation. Alors tu parles, l’introduction…
Quand on sait qu’au bac philo, les correcteurs avaient reçu l’ordre formel de ne tenir aucun compte de l’orthographe et de la grammaire ! Pourquoi ? Parbleu ! Je vous laisse deviner.
Livres numériques au lycée ?
On va dépenser des millions d’euros pour introduire le livre numérique dans les collèges et lycées. Ainsi, comme avec le téléphone portable, on va cantonner nos enfants dans un univers virtuel dans lequel on ne lit plus : on avale !
Et après ça, on va encore s’étonner que nos enfants soient de plus en plus mauvais dans la pratique de leur langue maternelle !
« La Brotagn.. Lo Bitor… Mongayar… Lo Brilé… » Au fou !!!!!
Je considère madame Erika Bareigts comme une bonne édile municipale : elle a manifestement pris à coeur la transformation de sa cité. Les poumons verts fleurissent de tout côté et un effort est réalisé pour améliorer les rues… sauf la Rue Bois-de-nèfles.
Mais réécrire les noms des quartiers en kréol débile, Érika, ça, ça restera la tache indélébile de toute ta carrière.
« Lo Bitor… Lo Brilé… » Non mais, on rêve, là…
Change de conseillers culturels, Érika ! Le grand linguiste Chaudanson l’a pourtant dit de façon très claire : « L’orthographe n’a pas pour but de rendre compte d’une prononciation ». L’orthographe exprime des idées, des êtres, des choses, des conceptions… pas des prononciations, lesquelles varient d’un territoire à l’autre.
Si je dis « Je vais à La Rivière », mon copain malabar dira « Mi sava La Rivir »… en phonétique, mais nous nous comprendrons sans problème.
Modifier tes panneaux te coûtera cher mais n’instruira pas plus ta population.
Imagines-tu ce que donnerait le suivi de ta comique illusion à travers l’île : « La Rivir Sin Lui »… « Lo Tampon »… « La Titil »… « Sin Lé »… « Bwa Dnèf’ »… « Sinte Sizann’ »… « Piton la fré » (Piton-des-Neiges)… « Lo Piton qui sof’ » (La Fournaise), « La bit’ lo Caf », « Cassiète lo Makis » (Les Makes), « Lo désord » (« Tapage »), j’en passe et des plus saumâtres.
Arrête tes conneries, Érika. Tu n’as vraiment pas besoin de ces débilités pour prouver que tu es une bonne édile.
Le cyclone Mbappé
Cyclone dans le monde du foot !
Mbappé veut aller ailleurs. L’angoisse, le drame, l’horreur, Mbappé s’en va.
Mais a-t-il des droits, cet homme ?
Je n’aime pas le monde du foot, un monde de voyous et d’assassins. J’admire les footballeurs mais je vomis les supporteurs abrutis prêts à tuer.
Pour en revenir à monsieur Mappé, je pense que si ce très grand champion veut aller ailleurs, personne ne peut lui refuser ce droit.
Arrêtez de dire des conneries !
« Noir et blanc »
A l’occasion de la Fête de la Musique, j’ai ré-entendu la chanson « Noir et blanc » du grand Lavilliers. « La musique vient de l’intérieur ».
Lavilliers a tout compris.
Cela m’a rappelé mon amour immodéré pour Beethoven, qui a composé neuf symphonies en étant sourd comme un pot !
Plus exactement, il a été atteint de surdité en commençant à composer la Cinquième, et… ne l’a jamais entendue !
Ludwig von Beethoven, caractère épouvantable, a écrit « La Pastorale », que j’écoute religieusement chaque jour. Il a écrit ce chef-d’oeuvre en étant sourd comme un pot
Toute sa musique venait de l’intérieur, du plus profond de son âme.


