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Les Chroniques de Tonton Jules - #119

« O tempora ô mores ! »<br /><br />Ce sont toujours les mêmes qu;™on prend pour retomber dans les mêmes merdes. Mais lorsque les cochons de payants, les employés et ouvriers traités comme du bétail, les petits personnels, gavés jusqu;™à  plus soif du mépris des gros cochons de surpayés, en auront marre, ça fera mal. Très très mal. Personne ne pourra dire « je ne savais pas ». Relisez « le Schmurtz » de Boris Vian : le jeu de l;™autruche se finit toujours en catastrophe.
Ecrit par Jules Benard – le vendredi 14 octobre 2022 à 15H16

Téréos, encore et toujours Téréos
Après des semaines à  se demander si la coupe allait commencer, nos planteurs avaient enfin obtenu des avancées. Cachalots la commence couri;¦ Mais ç;™eùt été faire preuve de beaucoup de naà¯veté que de penser qu;™un gros industriel, qui n;™en a rien à  foutre du sort des planteurs, allait ainsi renoncer à  s;™en mettre toujours plus dans les poches. Ce que Téréos fait semblant de céder d;™un côté, il le récupère au centuple de l;™autre. Comme en imposant unilatéralement la double pesée, effectuée sous son seul contrôle, bien sùr. Ce qui laissera les planteurs les poches un peu plus vides encore. C;™est une attitude féodale, c;™est du léonin. Mais pour qui se prennent-ils donc ? La planète leur appartient ? C;™est exactement ça, qui plus est, dans ce monde ultra-libéral qui est le leur exclusivement, où les 99% restants ne sont que des pantins désarticulés taillables et corvéables à  merci.
 
Ces champions oubliés, Loà¯s, Ah-Kang and so on;¦
Le vieux lycée rue Jean-Chatel fut une pépinière de grands champions que l;™on a trop vite relayés aux tiroirs de la mémoire. Je parlais de Philippe Decotte, Fred K/Bidy, Jean-Claude Bénard en évoquant le tout premier relais dionysien. Il y en eut bien d;™autres. Ce même relais, dans les années 70, fut remporté 4 fois par Loà¯s Payet, qui était aussi notre demi d;™ouverture dans les Juniors dionysien, équipe phare du club de la capitale. Il est depuis longtemps exilé en Australie. Le coin des kangourous. Rien de surprenant pour un tel cavaleur.
Qui, à  part les vieux débris comme moi, se rappelle seulement du nom de Jean-Paul Ah-Kang, imparable buteur de notre équipe lycéenne de basket ? Rien que son nom provoquait des crises d;™urticaire à  ses adversaires, notamment l;™équipe de l;™à‰cole Normale. Jean-Paul stoppait net sur la ligne médiane, ajustait ses bras et tirait. La première fois fut sur le terrain de nos amis les Chinois. Tous sur le cul devant cet exploit que l;™on disait alors infaisable. Jean-Paul ne le savait pas, donc il l;™a fait.
 
Les massacreurs de notre cuisine : ça continue
Il y en a qui s;™essaient au rougail saucisses de Morteau. L;™autre soir, sur les écrans d;™une télé locale, un gros chef à  l;™égo surdimensionné revisitait à  sa façon le canard à  la vanille de madame Annibal. Total des courses, après avoir employé de la vanille fraîche, de la vanilline, de l;™extrait de vanille et en avoir bourré cette pauvre bestiole par tous les trous, ça ressemblait à  un cari de charbon ! Il est des institutions auxquelles on ne touche pas ! Le plat de madame Annibal est une merveille ; laissons la merveille se suffire à  elle-même.
Du même tabac;¦ cette même chaîne proposait des rouleaux de printemps à  la mangue José. Horreur ! Malheur ! N;™ai-je donc tant vécu que pour cette infamie ?
Je propose, puisque c;™est la mode de faire n;™importe quoi : nems au cordon-de-moresse ; lentilles Cilaos au boucané de tangue ; safran dan;™ brèdes mouroungue ; sauce sardine à  la confiture de vavangue ; zembrocal ver d;™terre ; pâté créole au piment cabri;¦
 
Et les betteraves ?
Et tu les manges comment, tes betteraves ? demandait une présentatrice d;™une autre chaîne télé à  son invité. C;™est le genre de questions que l;™on apprend précisément à  ne pas poser dans une vraie école de journalisme mais pas en licence comm;™. Que vouliez-vous qu;™il répondît ? « Ben;¦ avec une fourchette Â».
 
Pauvre Cadichon !
Pour des raisons connues d;™eux seuls, les Chinois achèvent de piller la planète, faisant disparaître les raies mantas (les branchies seraient souveraines contre l;™impuissance !), les cornes de rhinocéros et d;™éléphant (même tabac), les pangolins (idem), les ailerons de requins, liste non-exhaustive. On sait que toutes ces légendes multi-millénaires sont fausses comme des jetons.
Voici qu;™aujourd;™hui, ils importent par centaines de milliers des dépouilles d;™ânes récoltées aux quatre coins du monde, mais surtout en Afrique où les Noirs souffrent tant de la famine qu;™ils vendent tout et le reste, au besoin en volant les bébêtes de leurs potes.
Quand y;™aura plus d;™ânes, ils prendront les lamas, les chameaux, les guanacos, les gerboises, les coelacanthes, les papangues, les condors, les fourmis grand galop ?
 
Un cari de truites ? L;™abomination !
Entendu, toujours sur une télé locale qui semble avoir pour parti pris de rende domoune encore plus couillon : « on va déguster in bon cari d;™poisson Â». La présentatrice parlait de la truite. Lu sorte déièr soleil, ça d;™là  ? Je sais que le cari est la recette favorite des Réunionnais. Moi-même;¦ enfin, passons. Il est des produits qu;™on ne prépare jamais en cari ! La truite suppose mille recettes toutes succulentes mais sa chair, qui se délite à  la moindre chaleur, ne supporte pas d;™être mijotée. C;™est comme le poisson perroquet : en court-bouillon, à  la tahitienne, jamais en cari. Artourne l;™école, ma fille, au lieu dit la couillonnisse en longueur d;™journée.
 
Tropiques à  mort 
Pour la 3è semaine consécutive, un programme télé nous annonce « Tropiques criminelles Â». Je vais fébrilement feuilleter mon Larousse, des fois que j;™serai devenu sénile, mais il me semble bien que « tropiques Â» est du genre masculin.
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