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Les animaux ont-ils des droits ?

La réflexion/génuflexion/interrogation du jour : j'ai vu hier au Grand Journal (chronique de A.Trapenard) que fleurissaient les livres pro "droit des animaux", ainsi par exemple le journaliste Franz Olivier Giesbert, que perso j'aime bien par ailleurs, qui nous explique que les animaux sont des personnes et ont droit à i-phone, des crokettes bio et un compte fb.

Ecrit par Jo le Baliste – le vendredi 17 octobre 2014 à 13H58

A titre personnel, je reconnais vouer un véritable culte de la personne alitée (il ne branle rien, on dirait un employé de mairie en plus poilu) à mon chat Mamaw, rouquin de gouttière au miaulement disgracieux ; même pas très beau ni exceptionnellement affectueux, mais en revanche futé, et qui nous faut bien marrer dans la famille avec ses mimiques décalées de chat suffisant. Idem ou presque pour mes toutous, bien qu’ils chient de façon industrielle dans mon jardin et aboient comme des cons dès qu’une mouche passe devant le barreau ; mais ils sont sacrément sympas et très affectueux, quoique fort odorants.

C’EST MON CHOIX, C’EST L’ANCHOIS

Comme dirait l’autre c’est mon choix, comme c’est le (sale) choix d’un voisin de laisser un pauvre clébard dans son débarras pourri avec pas un mètre de corde. Apparemment, pour certaines personnes, spécialement à la Réunion (désolé mais c’est vrai), un chien est juste une alarme organique. Une alarme qui chie, quoi.

Si demain, des intellectuels nous pondaient une nouvelle loi, à la suite de celle abolissant le statut de « bien meuble » des animaux, une loi affirmant l’égalité juridique entre « les animaux » et les hommes, ça risquerait de se corser.

Déjà : « les animaux », c’est quoi ?

Parce que personnellement je veux bien que mon chat Mamaw soit une personne, mais en revanche les cafards du placard (pas les sea shepherd) je suis pour les « génocider » façon Bachar El Assad.

Aussi, je veux bien qu’une brigade de protection canine garantisse à mes toutous la protection de leurs droits fondamentaux mais… pourquoi mes toutous et pas le tangue du champ de canne d’à côté ? Et les vaches ? Les cochons ? Les poulets ? Les cabots de fond ? Les sauterelles ? Les membres de Vie Océane ? Etc.

En outre, si les animaux, catégorie des plus vastes allant du virus au Bonobo, sont des personnes affublées de la personnalité juridique, nous sommes légalement contraints de devenir végétaliens… Avant qu’un couillon ne découvre qu’une laitue est un être vivant, vert mais sensible, et que des débiles du paf parisien appelle à la reconnaissance des droits des végétaux ? Il ne nous restera qu’à manger des galets : regardez Didier Dérand, ça fait pas envie.

DERRIÈRE L’ANTISPECISTE ON TROUVE UN POL POT QUI SOMMEILLE

Et puis, je veux pas faire mon casse-couilles de juriste mais : qui pour défendre, mettre en œuvre les droits de ces « personnes » ? -« Castor Jean-Jacques Euplatt, levez la main droite et dites je le jure », lol ? Oui, cette question est centrale : si les animaux (lesquels?) sont des gens avec des droits, de deux choses l’une : soit, telles des femmes émancipées tardivement (humour !!! non, n’appelez pas le MLF !!!), ces braves bêtes sont en mesure d’exercer leurs droits par elles-mêmes, et je suis ok (on imagine tout-à-fait un tangue déposer plainte à la gendarmerie), soit ces personnes à 4 pattes/nageoires et plus seront représentées par des mandataires. C’est d’ailleurs la position de ces jambons de tofu de sea shepherd : ils pensent qu’une charte de la Nature (un document sans valeur juridique) leur a confié un mandat (le mandat est un contrat, voir le code civil, article 1984 (!) et suivants) pour défendre les droits des animaux marins. Ben voyons !

Donc si mandat il y a, c’est qu’il existe d’une part des mandants, les animaux, qui donnent mandat à des mandataires, d’autre part, des personnes à deux jambes (enfin quand ils ne sont pas victimes d’attaques de personnes-requins-bouledogues). Lesquels mandataires soit parlent le langage « animal »(certains spécialisés en « chien », d’autres en « chat », « canari » et… »cafard », « hyène » et « virus Ebola » ?), soit parce qu’ils sont plus malins que les autres, savent « ce qui est bon » pour « les animaux ». Waw !

Cette mini-démonstration par l’absurde pose en réalité de vraies questions : quelle est la nature juridique des « droits » des animaux (quels animaux ? quels droits ? Qui pour définir ces droits ? qui pour les mettre en œuvre ?) ?

Ont-ils des droits par et en eux-mêmes auquel cas cela suppose qu’ils soient capables sinon d’exercer directement leurs droits et de les faire valoir devant les tribunaux, au moins d’exprimer des sentiments et positions de façon intelligible, et que des « mandataires » humains sont qualifiés pour traduire juridiquement ces revendications animales ???… soit ces réflexions animalistes sur les droits « des animaux » ont autant de valeur que le caca de mes trois chiens que je m’apprête à aller ramasser dans mon jardin. Et il faut, malheureusement, s’en tenir aux droits des animaux tels qu’ils ont toujours existé : ces droits ne peuvent s’exercer qu’à travers ceux de leurs « maîtres », forcément variables en fonction et du type d’animal et de la subjectivité de chacun. Certes c’est pas juste pour les animaux maltraités, mais la solution antispéciste est pire que tout. Par ailleurs, il existe déjà un certain nombre de dispositions y compris pénales destinées à protéger les animaux, domestiques notamment. Or ces dispositions ne sont pas appliquées car si l’on classe des plaintes pour violence sur des femmes ou des enfants, imaginez le sort réservé aux plaintes concernant des maltraitances animales. Je propose donc que l’on commence par mettre en œuvre ces lois et règlements. Pour info j’ai déjà déposé plainte près le procureur de la République contre la fourrière du Tampon pour violation des règles encadrant l’euthanasie des chiens dits « errants ». Les faits étaient accablants, graves, mais hormis une petite convocation rien du tout et hop circulez on euthanasie sans respecter les délais (8 jours en métropole et 4 jours ici… pas 24 heures à la fourrière du tampon).

Moralité : On en revient toujours au même travers (de porc) : il existe des gens sur cette terre qui savent ce qui est bon pour les autres, fussent-ils des animaux frustes et même pas doués de sensibilité (insectes, animaux à sang froid, poissons etc…). Le genre de gens qui savent qui sont ceux qui ont le droit de vivre ou pas, qui sont ceux qui pensent bien ou pas…bref des petits « holistes » comme on en trouvait chez les révolutionnaires type Robespierre, au PCUS, au Cambodge époque Pol Pot et actuellement en Syrie/Turquie (le kurde est-il une personne ?).

Voilà pourquoi l’animalisme, l’antispécisme, l’écologie profonde, sont des « théories » non seulement d’une imbécilité confondante mais encore potentiellement mortifères. Mettez un Paul Watson aux commandes d’un État et, avec son corpus antispéciste, il vous fera un bon gros génocide tout ce qu’il y a de plus justifié.

J’aime les animaux mais je conchie (deux fois par jour) les animalistes.

ps : avez-vous remarqué que depuis une bonne quinzaine d’années l’on humanise les objets, ainsi les voitures (on dit pas « la Renault Clio elle est trop bien » mais « Clio est suréquipée ») et pire des virus : on ne dit pas « le virus Ebola » mais « Ebola » tout court. Une société qui humanise les choses est une société qui chosifie les humains. Ainsi pour Estelle et Fanny.

 

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