Les agents communaux, les "bannis" du statut…

Lors de sa rencontre avec la ministre de la Fonction publique l’UNSA Territoriaux de la Réunion l’a interpellé sur la situation des agents communaux, notamment celle des agents communaux dit « intégrés » et des non titulaires arrivés après 2000 (CDD et CDI).
La FPT de la Réunion est, de toutes les fonctions publiques au plan national, celle qui connaît le taux de non titulaires le plus élevé : 1/3 des 36 500 agents de l’île sont titulaires, les 2/3 des agents non titulaires (majoritairement sur des emplois de catégorie C).
L’UNSA-Territoriaux est ouverte à la discussion et à la négociation dans l’intérêt des agents. En ce sens, elle a remis une motion à la ministre avec des propositions tendant à trouver une solution réfléchie, négociée et pérenne pour sortir les agents communaux de la précarité qui est leur quotidien depuis 50 ans.
Les réponses de la ministre n’ont pas répondu aux attentes de l’UNSA-Territoriaux,
Venir parler d’une avancée en proposant un contrat à durée indéterminée est une offense à ces agents qui assurent un service public de qualité dans une précarité de l’emploi, une précarité financière et une précarité des droits (retraite, protection sociale…).
Il faut arrêter de travestir le statut de la fonction publique territoriale avec des emplois aidés sur des postes permanents.
Il ne doit y avoir qu’une seule règle dans la fonction publique territoriale :
sur un poste permanent, un agent titulaire.
Pour l’UNSA Territoriaux, seule l’approche statutaire réglera le dossier des agents communaux « intégrés » et les nouveaux agents communaux non titulaires arrivés après 2000 (CDD et CDI).
L’UNSA-Territoriaux serait favorable à l’application d’une majoration minimum des salaires de 40%, pour les nouveaux titulaires comme pour les Antilles et Mayotte. Ce qui a été fait récemment à Mayotte ouvre des perspectives pour l’application d’une majoration équitable entre tous les Départements et Régions d’ Outre-mer (DROM).
L’UNSA est ouverte à toute discussion sur ce point de la rémunération, avec des préalables concernant les actifs titulaires actuellement en poste, l’absence de perte de pouvoir d’achat au regard du coût réel de la vie …
Résumer le règlement de cette situation uniquement par une grève à la rentrée en prenant en otage les enfants ne nous semble pas être la bonne solution, même si l’UNSA Territoriaux n’écarte pas l’action de grève de ses actions futures et proches. Les Maires sont aujourd’hui face à leurs responsabilités vis à vis de leurs employés et de la population : titulariser leurs personnels.
Pour l’instant, l’UNSA Territoriaux privilégie la démarche négociée avec l’ensemble des acteurs politiques locaux et nationaux, pour arriver à un compromis gagnant-gagnant. C’est cela aussi le syndicalisme réformiste et c’est ce que les agents en situation de précarité attendent de nous…
Messieurs et Mesdames les élus locaux, pour l’acte III de la décentralisation prenez vos responsabilités et engagez une véritable démarche concertée vers l’abolition de la précarité dans la fonction publique territoriale à la Réunion.
Le Secrétaire Général de l’UNSA-Territoriaux de la Réunion
Patrick JAYME


