L'élargissement sur quatre voies de la RN 2 à Saint-Benoît bientôt en enquête publique

Attendu de longue date par les habitants de Saint-Benoît, l'élargissement sur quatre voies de la RN 2 qui traverse la ville sur 3 km constitue l'un des chantiers majeurs de la Région pour ces prochaines années. Le projet, estimé entre 60 et 90 millions d'euros, sera bientôt soumis à l'enquête publique.
Si les bouchons de certains commerçants chinois de Saint-Benoît font saliver les Réunionnais, les embouteillages gratinés qui rythment la traversée de la ville, eux, font suer chaque jour les automobilistes contraints d'emprunter cette grosse portion de la RN 2.
Annoncé sous la mandature de Didier Robert, avec une prévision généreuse de livraison du chantier en 2025, le projet d'élargissement sur quatre voies n'est pas prêt de sortir de terre. Mais le sujet avance : la préfecture a publié le 19 mars sur son site internet les éléments nécessaires à l'ouverture de l'enquête publique. Un arrêté devrait donc rapidement fixé les dates et les conditions de communication complète du dossier aux administrés.
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Outre la création de deux voies supplémentaires de circulation sur une longueur de trois kilomètres, entre l'échangeur Bourbier et le giratoire des Plaines, le chantier comprend l'ajout de deux voies de TCSP pour les bus, destinées à accueillir, un jour, le projet ferroviaire de la Région.
Estimé entre 60 et 90 millions d'euros, l'élargissement de la RN 2 devra relever un défi majeur : celui de maintenir la circulation des automobilistes, dans des conditions forcément dégradées. Et ce durant toute la durée des travaux, qui devraient s'étendre sur plusieurs années.
L'élargissement passe par un nouveau pont
Car il ne s'agit pas simplement d'ajouter deux voies supplémentaires de circulation, deux voies de TCSP et une piste cyclable et piétonne. La construction d'un second pont sur la rivière des Marsouins et la modification de cinq échangeurs sur le tracé, dont celui de Bras-Canot qui comprendra une partie souterraine, constituent en réalité les gros morceaux du chantier.
Pour l'heure, aucune expropriation n'est envisagée, le seul propriétaire privé concerné par l'emprise du chantier ayant déjà trouvé un accord pour vendre son terrain. Une estimation chiffre à 6,3 millions d'euros les dépenses pour l'acquisition de la totalité de l'emprise foncière nécessaire aux travaux.

L'avis rendu par la Mission régionale d'autorité environnementale (MRAe) insiste, pour sa part, sur une clarification nécessaire de « la maîtrise des conditions d’intervention au niveau de la rivière pérenne des Marsouins présentant de forts enjeux environnementaux » ou encore sur « l’évaluation des émissions de gaz à effet de serre induites par le projet tant en phase travaux qu’exploitation » .
Une procédure de dérogation à la protection stricte du caméléon panthère a été définie par la Deal. Le caméléon panthère, que l'on retrouve sur la majeure partie du littoral, est considéré « comme étant la seule espèce à la fois introduite et protégée à La Réunion ».
L'élargissement de la RN 2 doit donc répondre à la saturation de la circulation, laquelle ne va pas se fluidifier avec l'autorisation d'exploitation de la carrière de matériaux des Orangers, qui doit générer en période de pleine charge un trafic de « 172 rotations/jour, soit 344 passages » quotidiens de camions.


