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RN2 à St-Benoît: 60 millions d'euros pour sortir du coma circulatoire

La mairie de Saint-Benoît attend beaucoup du projet d'aménagement de la RN2 reliant l'échangeur de Bourbier au giratoire des Plaines. Après les phases d'investigations préalables et d'études préliminaires, place désormais à la concertation publique, qui a débuté le 6 novembre dernier et qui durera jusqu'au 20 décembre. "Un projet qui va redonner un nouveau souffle à notre économie mais aussi à celles et ceux qui chaque matin et chaque soir sont obligés de faire la liaison entre l'Est et le Nord", indique le maire de Saint-Benoît et président de la Cirest, Patrice Selly.
Ecrit par zinfos974 – le jeudi 19 novembre 2020 à 11H21

Axe majeur de la traversée de Saint-Benoît, le tronçon de la RN2 compris entre l'échangeur de Bourbier (au Nord) et le giratoire des Plaines (au Sud) constitue l'un des points noirs du réseau routier régional en termes de congestions quotidiennes. En effet, au niveau de la traversée de la partie urbaine de la cité bénédictine, la route nationale passe de 2x2 voies à une route à 2x1 voies, produisant un effet entonnoir et d'importants ralentissements autant aux heures de pointe du matin que du soir, rendant le trafic élevé quasiment toute la journée, avec des pointes de 1 300 véhicules par heure et par sens.

Ce projet d'aménagement de la RN2 sur ce tronçon de 3 km  et conçu en tenant compte des orientations de la ville de Saint-Benoît, est porté par la Région Réunion pour un montant de 60 millions d'euros. Une enveloppe qui permettra la mise en place sur cet axe d'ici 2026 de plusieurs infrastructures garantissant des conditions de circulation optimales aussi bien sur la circulation générale, les transports en commun ou encore les modes actifs de type tramway.

RN2 pour voitures, bus, vélos et tram-compatible

Le projet comprend aussi bien la création d’un Pôle d’échanges multimodal de 10 quais-bus associé à un parking relais de 91 places au niveau du giratoire des Plaines, la création de voies de TCSP bidirectionnelles ou encore la mise en place d’un cheminement cyclable bidirectionnel pour la VVR (Voie Vélo Régionale). La création d’un nouvel ouvrage d’art est également prévu sur la rivière des Marsouins, il accueillera deux voies de circulation pour les véhicules légers ainsi que de deux voies pour les transports en commun sans oublier une voie dédiée à la VVR. Ce nouveau pont, parallèle au pont existant qui sera conservé, sera construit côté mer. Il devra en outre être compatible avec la circulation future d’un système de transport guidé léger.

Fluidifier le trafic pour les modes de déplacement doux

L'échangeur de Beaulieu sera reconfiguré avec la mise en place de deux giratoires, qui permettront d'organiser les flux des transports en commun, des modes doux et de la circulation générale. Ces deux giratoires feront la jonction entre la voie TCSP unidirectionnelle pour les bus en direction du sud côté montagne et les voies TCSP bidirectionnelles côté océan, ces dernières continuant jusqu'au giratoire des Plaines.

Du côté de l'échangeur Leconardel, les bretelles de liaison qui mènent à la RN2 seront réservées aux bus, ce qui permettra à terme leur liaison directe dans les deux sens avec la gare routière existante. Le carrefour avec le chemin Leconardel sera lui géré par des feux tricolores. Ces travaux verront également la suppression de l'entrée de ville via le chemin Leconardel afin de lui conférer une vocation plus urbaine en favorisant les modes doux. De plus, la suppression de cette liaison avec le centre-ville pour le tout-véhicule pourra réorienter les flux vers l'échangeur de Beaulieu et réaffirmer la rue Hubert Delisle comme l'entrée privilégiée vers le centre-ville.

Une partie du trafic en souterrain

Autre gros point noir de la circulation à Saint-Benoît, le carrefour de Bras-Canot sera quant à lui reconfiguré en un giratoire dénivelé. Un choix qui a été fait en raison de la demande de trafic prévue à l'horizon 2035. Les véhicules de transit auront ainsi la possibilité de continuer leur parcours sans arrêt grâce au passage souterrain à gabarit réduit, ce qui déchargera le giratoire d'une partie du trafic. Des feux de détection assureront quant à eux une priorité d'insertion dans le giratoire dans les deux sens afin d'optimiser son franchissement et les temps de parcours.

 

 

"En interrogeant la population et les acteurs économiques, nous avons constaté  que la route actuelle était un frein au développement économique", explique Patrice Selly. Le maire de Saint-Benoît espère à travers ce projet "redonner un nouveau souffle à notre économie mais aussi à celles et ceux qui chaque matin et chaque soir sont obligés de faire la liaison entre l'Est et le Nord et qui se retrouvent asphyxiés quotidiennement dans les embouteillages".

Quels sont les projets structurants que vous attendez à terme avec cet aménagement de la RN2 ?
 

Ce projet de RN2 va permettre à des acteurs économiques de s'installer plus facilement dans notre commune et dans l'Est. Il y a encore pas longtemps, ces acteurs refusaient de s'installer à Saint-Benoît parce qu'ils craignaient d'être impactés par les embouteillages quotidiens que l'on rencontre ici quotidiennement. La ville et les communes composant le bassin Est vont directement bénéficier de ces aménagements routiers et voir s'installer dans les années à venir de nouveaux acteurs économiques. Saint-Benoît plus particulièrement a déjà fait l'objet d'un attrait particulier de la part de certains investisseurs. Nous avons une galerie commerciale sur le site de Beaulieu qui va faire l'objet dans les prochains mois de nouveaux aménagements. Nous possédons également du foncier aménageable disponible aujourd'hui du côté de Conardel, 30 hectares, sur Beauvallon à l'entrée de ville, près de 13 hectares. Ces deux sites suscitent l'intérêt d'acteurs économiques. Notre centre-ville va également bénéficier de ces travaux afin de lui redonner sa vocation première qui est de favoriser le développement du commerce de proximité et redonner envie à notre population de revenir profiter du cadre de vie agréable de ce futur centre.

Comment va venir se greffer cet aménagement avec les études déjà en cours concernant le projet de la Route des Hauts de l'Est (RHE) du côté du Département, mais aussi avec le Run Rail régional ?
 

Les deux-voies consacrées au TCSP seront dans un premier temps dédiées à des bus. Dans un second temps, dans le cadre du projet de RRTG (Réseau régional de transport guidé), ces voies accueilleront ensuite les fameux trams que la collectivité régionale mettra en oeuvre dans les prochaines années. Sur ce point, ce que j'aimerais dire et que je n'ai cessé de répéter depuis ma prise de fonction c'est que ce projet de Run Rail doit commencer dans l'Est. Il doit partir de Saint-Benoît pour ensuite desservir à terme Saint-Denis. Ce que l'on constate aujourd'hui c'est que les difficultés de circulation, elles sont dans ce sens et non pas l'inverse. Le matin, les embouteillages viennent de Saint-Benoît pour aller jusqu'à Saint-Denis. Il y a une vraie cohérence à ce que le Run Rail démarre à Saint-Benoît. C'est ce que je plaide systématiquement lors de mes échanges avec la Région. Aujourd'hui, la position de la Région n'est pas celle là car les études ont été faites dans le sens inverse. Or, la micro-région Est ne peut plus être la dernière roue du carrosse: tous les projets aujourd'hui à l'échelle départementale ou régionale mettent l'Est en terminus. C'est le cas du Run Rail où on nous dit que ce n'est pas avant l'horizon 2035 qu'on aura le tronçon qui desservira la micro-région, c'est le cas aussi de la future RHE tout comme le projet d'irrigation en eau MEREN, deux projets portés par le Département et qui débuteront d'abord dans le Nord pour se terminer à Saint-Benoît. Je le dis à tous mes interlocuteurs, qu'ils soient au Département ou à la Région: il est temps d'inverser les schémas et de faire en sorte que les projets démarrent désormais dans l'Est pour ensuite irriguer le Nord.

Vous semblez, en tant que président de la Cirest, ne pas être opposé au Run Rail, même s'il reste encore pour vous des ajustements à faire du côté de la Région. Un discours qui tranche avec les volontés affichées du TCO et de la Cinor de se doter leur propre tram dans années à venir...
 

Aujourd'hui, il y a un projet dans les tuyaux et porté par la Région. Des études ont été menées ces dernières années concernant le Run Rail. Je considère que la Région doit aller au bout de cette démarche. La compétence de la Cirest en matière de transport concerne les déplacements interurbains et non pas la liaison entre le Nord et l'Est. En terme de capacité financière également, notre intercommunalité n'a pas les moyens de porter ce type de projet comme le Run Rail car nous n'avons pas les mêmes capacités financières que la Cinor, la Civis et le TCO. Par contre, ce que nous pouvons imaginer en terme de transports et de déplacements, et ce qui a déjà été fait par l'ancienne mandature, c'est de nous occuper des liaisons à l'intérieur de nos communes. Saint-André a déjà bénéficié du TCSP financé en grande partie par la Cirest, tout comme Bras-Panon pour le tronçon du centre-ville. Sur ce TCSP d'ailleurs, la prochaine phase du projet va concerner la ville de Saint-Benoît. Un tronçon qui partira de l'actuel GHER pour relier le centre-ville. Moi, je préfère aujourd'hui que les capacités financières de la Cirest soient utilisées sur d'autres projets structurants quand on sait que la compétence en matière de déplacements et de transports appartient à la Région. Elle a aujourd'hui les moyens techniques et financiers par porter ce type de projets. Cela permettra à une intercommunalité comme la nôtre de capitaliser sur d'autres types de projets.

 

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