[L'édito de Pierrot Dupuy] Marie-Joseph Malé ne prendra pas la direction d’Air France

A la mi-mai, la presse locale se faisait le relais de rumeurs colportées par plusieurs journaux nationaux selon lesquelles Marie-Joseph Malé, l’actuel PDG d’Air Austral, faisait partie de la "short list" des candidats susceptibles de prendre la tête d’Air France, en remplacement de Jean-Marc Janaillac, son président démissionnaire après un référendum catastrophique.
Son nom était notamment cité par des journaux aussi sérieux que La Tribune ou Le Parisien, aux côtés de ceux du directeur commercial d’Emirates qui doit normalement prendre la direction de la compagnie émiratie, ou encore de l’ancien président d’Airbus ou de l’ancien directeur délégué d’Air France.
La nouvelle pouvait paraitre étonnante car on imaginait difficilement le conseil d’administration de l’ancienne compagnie nationale confier les rênes d’une société qui compte presque 100.000 salariés au patron d’une petite compagnie aérienne qui en compte 100 fois moins.
Mais d’un autre côté, on se souvenait que Marie-Joseph Malé avait été, avant de venir à Air Austral, directeur d’Amadeus France, une entité du groupe Air France. Il pouvait sembler logique de confier la direction de la compagnie à un ancien de la maison.
L’hypothèse avait également été confortée par le fait que la plupart des personnalités sollicitées ont refusé le poste, sans doute apeurées par les difficultés actuelles de la compagnie, avec un conflit ouvert avec les syndicats, des grèves à répétition et une fracture profonde entre le personnel et la direction symbolisée par le vote de défiance à l’encontre de l’ancien PDG.
Aujourd’hui, nous pouvons vous confirmer que l’hypothèse Malé PDG d’Air France n’est pas allée au-delà du cercle des rédactions de quelques journaux parisiens. Preuve en est : Marie-Joseph Malé n’a jamais été contacté par l’équipe en charge de l’embauche du futur PDG de l’ex-compagnie nationale.
Il va donc pouvoir se consacrer totalement à tenter de résoudre les difficultés auxquelles est confrontée Air Austral, et en particulier à l’arrivée des compagnies low cost sur la ligne Réunion/Paris, celle qui assure la grosse partie du chiffre d’affaires de la compagnie régionale. Et au partenariat avec Air Madagascar, sur lequel Marie-Joseph Malé fonde de grands espoirs.
Air Austral dont il se dit qu’elle devrait afficher un petit bénéfice de quelques centaines de milliers d’euros lors de la présentation de son bilan dans quelques jours, une bonne nouvelle quand on sait que sa direction tablait en début d’année sur une perte…


