[L'édito de Pierrot Dupuy] Gilbert Annette ne se fait pas que des amis chez les policiers !

On se souvient de la polémique qui avait sévi suite aux incidents qui avaient éclaté le 23 mars dernier au niveau du skatepark sur le boulevard Sud à St-Denis, entre une centaine de jeunes et la police.
La manifestation avait été organisée par la mairie, avec un service de sécurité totalement insuffisant et surtout sans avoir prévenu au préalable les forces de l’ordre.
Au lieu de faire profil bas, Gilbert Annette n’avait rien trouvé de mieux, peu de temps après, de s’en prendre aux policiers qui, selon lui, n’intervenaient pas la nuit quand on les appelle.
Pas de chance, quelques jours plus tard, les mêmes policiers arrêtaient un « médiateur », la nuit, au Chaudron, après un délit de fuite à scooter. Lequel « médiateur », auparavant on aurait dit un nervi, avait un casier judiciaire long comme le bras et surtout avait été retrouvé en possession de balles de 357 Magnum, une des armes de poing les plus dangereuses au monde, qu’il aurait selon lui saisi sur quelqu’un lors d’une fouille dans le cadre de son métier à la Mairie de Saint-Denis. Pas de chance. Les « médiateurs » n’ont normalement pas le droit de fouille. En cas d’incidents, ils doivent normalement se contenter d’appeler les forces de l’ordre. Soit il a menti, soit il a effectivement procédé à une fouille. Ce qui est grave.
Suite à une telle série d’incidents, on aurait pu penser que le maire de Saint-Denis allait essayer de se faire oublier des policiers pendant un certain temps.
Perdu ! Mercredi soir, sans doute emporté par l’enthousiasme d’un Facebook live, il a à nouveau évoqué le sujet. Oh, rien de bien méchant. Il a simplement dit qu’il fallait que les Réunionnais aient de l’ambition et quand un jeune venait le voir en lui disant qu’il voulait présenter le concours de gardien de la paix, il fallait qu’il vise plus haut et qu’il se présente plutôt au concours de commissaire de police.
C’était certes démagogue. On imagine mal des files d’attente devant le bureau de Gilbert Annette de jeunes avec un Master 2 de Droit, diplôme exigé pour le concours de commissaire, alors que seul le Bac l’est pour celui de gardien de la paix. Mais après tout, ce n’était pas bien méchant.
Ce qui peut amener à s’étonner de la réaction assez virulente des syndicats de policiers. Mais c’est oublier un passage essentiel du communiqué du syndicat Alliance. « Monsieur le Maire veut-il la mort de la Police nationale au profit de milices ? »
Et là, on en revient aux fameux « médiateurs » embauchés par Gilbert Annette qui a choisi comme fournisseur de « gros bras » une association du Moufia dont le président, un champion de boxe thaï, n’est autre que le garde du corps d’Ericka Bareigts.
Et là, la boucle est bouclée entre les fameuses « milices » dénoncées par le syndicat de police et ce qu’on appelait auparavant des nervis. Il est vrai que la campagne électorale arrive à grands pas et qu’il est plus pratique de faire payer les nervis par le budget communal que par le compte de campagne…


