Le visage de l’agriculture réunionnaise en 2020 est connu

Tous les 10 ans, le recensement agricole permet d’obtenir un tableau précis de l’agriculture dans l’île. Ce travail permet de mesurer les évolutions du secteur et son adaptation aux nouvelles préoccupations. La préfecture vient donc de dévoiler les premiers résultats du recensement de 2020.
À La Réunion, il est inutile de préciser que l’agriculture est partout. 15% du territoire lui est consacré. Pourtant, en dix ans, la surface agricole utilisée (SAU) s’est réduite de 4000 hectares, soit 10%. C’est la canne à sucre qui paye le plus fort tribut avec 3000 Ha en moins.
Malgré cette baisse, l’agriculture reste le pilier de l’économie puisque l’industrie agroalimentaire est le premier secteur industriel de l’île et la première ressource d’exportation de produits réunionnais. 17.600 personnes, soit 7% de la population active ayant un emploi, vivent de ce secteur. 11.500 personnes y occupent un emploi permanent.
Le nombre d’exploitations agricoles a significativement baissé. Avec 6.250 exploitations agricoles enregistrées, c’est 18% de moins qu’il y a 10 ans. Ces exploitations se sont agrandies, mais l’accroissement demeure modeste, puisque la surface moyenne est passée de 5,6 ha à 6,2 ha, soit une augmentation de 10 %.
La structure de base de l’agriculture locale reste l’exploitation familiale. Les micro-exploitations et les petites exploitations ont vu leurs effectifs baisser respectivement de 23% et 17%, mais elles demeurent encore largement le modèle le plus représenté en 2020 avec 87 % des exploitations de la Réunion. Le nombre de moyennes et grandes exploitations reste stable.
Une diversification de la production
Comme évoqué plus haut, la canne à sucre a perdu près de 3000 ha en 10 ans. Elle reste la culture pivot avec 55 % de la SAU. 37 % des exploitations sont spécialisées en canne à sucre.
De leurs côtés, les filières de production de fruits et légumes et d’élevage se maintiennent, voire renforcent leur place. La production de fruits et légumes, dont les surfaces progressent, représente aujourd’hui 31% de la SAU. La production fruitière (arboriculture et ananas) fait exception, car c’est le seul secteur en croissance.
Le système polyculture-élevage est celui qui montre la baisse la plus marquée avec 17 % de la SAU. Les exploitations spécialisées en élevage (bovins, porcins, volailles, autres herbivores) sont en baisse avec 12% de la SAU. Cette diminution est partiellement compensée par l’accroissement du cheptel moyen détenu par ces éleveurs.
Malgré cette perte de surface et du nombre d’exploitation, l’agriculture réunionnaise réalise des performances remarquables. Le département reste le chef de file de l’économie agricole et agro-industrielle des Outre-mer.


