Le violeur « à la sexualité de prédation » reste en prison

Ce mardi 16 septembre, Mathias A., un dionysien de 21 ans, a tenté en vain de retrouver la liberté moins d’un mois après son placement en détention provisoire pour le viol d’une lycéenne de 16 ans. Sa comparution devant la chambre de l’instruction a mis en lumière le profil d’un prédateur décomplexé qui fait froid dans le dos.
Les faits remontent au 19 avril 2024. Une lycéenne de 16 ans patiente aux abords de son établissement situé à Saint-Denis. Elle attend tout simplement qu’une amie la rejoigne à la sortie des cours. Un grand gars juché sur son scooter vient à sa rencontre. Il échange quelques mots avec elle puis il repart avant de revenir à son contact à pied. Il insiste en toute décontraction pour qu’elle le suive un peu à l’écart afin de bavarder.
Comme la scène se déroule en plein jour et à deux pas de son lycée, l’adolescente n’imagine pas une seconde qu’en réalité elle court un grand danger. Mathias A. en profite pour se jeter sur elle. Il l’allonge de force dans des escaliers, soulève sa robe et la viole. Sidérée, la jeune fille se retrouve sans voix et sans réaction. Comment pourrait-il en être autrement étant donné le gabarit de son agresseur ? Lui prend la fuite et elle se retrouve en état de choc et en larmes quand son amie arrive enfin.
« Il les attire dans un coin pour les forcer à avoir un rapport sexuel »
La jeune victime dépose plainte aussitôt auprès de la police. Les médecins qui l’examinent confirment qu’elle se trouve dans un état de stress post-traumatique. L’enquête s’étire en longueur. Il faut attendre le mois de janvier 2025 avant que les policiers interrogent la petite amie du suspect. Celle-ci leur révèle que « ce n’est pas la première fois que des filles viennent la voir pour Mathias… », rapporte le président de la chambre de l’instruction. Elle ajoute qu’il « les embobine et qu’il ne lâche pas l’affaire tant qu’il n’est pas arrivé à ses fins. Il les attire dans un coin pour les forcer à avoir un rapport sexuel », poursuit le magistrat.
Placé en garde à vue le 27 août dernier, Mathias A., alors sous bracelet électronique pour avoir été condamné en février 2025 à 18 mois de prison dont neuf avec sursis pour des faits de violences sous la menace d’une arme, conteste formellement les faits. Il soutient qu’elle était consentante. A l’appui de sa version, il livre une invraisemblable explication : « Elle a dit qu’elle était amoureuse de moi, qu’elle voulait que l’on fasse notre vie ensemble et qu’elle voulait un enfant de moi. » Comme les policiers n’en croient pas un mot, il ajoute : « Les jeunes, c’est comme ça." Il les renvoie au passage à leur grand âge, expliquant que « leur génération est dépassée » et qu’ils ne peuvent pas comprendre.
« Elle était consentante... et je l’étais moi aussi »
L’avocate générale estime qu’il doit rester en prison. Elle indique qu’il y a un risque de pression sur la victime et les témoins. Elle en veut pour preuve qu’il « s’est posté à différents moments à l’arrêt de bus pour terroriser sa victime ». Elle précise encore qu’il est « dans une sexualité de prédation avec un risque de réitération de l’infraction ».
Bras croisés, Mathias A. fixe la magistrate avec un regard noir qui trahi un profond agacement. Prenant la parole en dernier, il clame que « tout est faux. Elle dit tout ça pour m’enfoncer » à propos des accusations de sa compagne. En ce qui concerne la victime de viol, il s’inscrit en faux aussi. « Elle était consentante et je l’étais moi aussi », ose-t-il en guise de conclusion. En attendant, il reste en détention provisoire, probablement pour un certain temps.


