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Le Tampon: "L'homme battu" viole son contrôle judiciaire et met le feu à la maison de son ex

Pour le parquet, il s’agit d’une "relation pathogène" ou "dysfonctionnelle" avec des violences mutuelles mais pour la victime, il a fallu résister et fuir les griffes d’un mari qui est allé jusqu’à mettre le feu à sa maison le 14 septembre.
Ecrit par zinfos974 – le jeudi 23 septembre 2021 à 19H25

Les violences ont commencé un peu avant leur mariage en 2016 et se sont poursuivies. Lui boit, insulte, menace, frappe et, elle, s’empare du manche à balai pour se défendre. Le 27 juillet 2020, un nouveau pas dans leur histoire tumultueuse a été franchi.

Thomas* vit alors depuis quelques mois dans la voiture de Liliane* juste devant la maison. Excédée par son comportement, cette dernière a pris ses affaires et les a mises dehors. Thomas, ivre, est arrivé à ce moment-là, s’est emparé du joint à vitre de la voiture pour la frapper plusieurs fois à la tête. Liliane a quant à elle attrapé un couteau pour le menacer puis l'a finalement frappé aux jambes alors que les gendarmes sont arrivés, alertés par une passante. 

Le couple est entendu. Thomas est placé sous contrôle judiciaire mais Liliane est également poursuivie pour les violences qu’elle a commises durant les trois ans de leur mariage. Car Thomas a déclaré être également un homme battu. "De victime je suis passée à bourreau", ne comprend pas Liliane ce jeudi à la barre. La mère de famille a tenu à venir s’expliquer devant le tribunal correctionnel de Saint-Pierre malgré la honte. Savates, caleçon gris et châle sur les épaules, les seuls vêtements qui restent à Liliane après l’incendie de sa maison. 

Le 14 septembre, le pire a été évité alors que tous deux devaient comparaître ce jeudi 23 face à la justice. Thomas a, à plusieurs reprises, violé son contrôle judiciaire et est entré en contact avec sa femme, la harcelant au téléphone notamment. Mardi dernier, l’homme a complètement perdu la raison. Il s’est introduit chez Liliane, a patienté un long moment qu’elle rentre, caché derrière la porte. Thomas avait sur lui ce jour-là du scotch et du viagra, laissant présager d’une fin tragique. 

"Je ne fais plus confiance au système"

Fort heureusement, Liliane pressentant le pire, dira-t-elle, et en voyant une ombre se déplacer à l’intérieur, a pris la fuite. Thomas a alors mis le feu. L’incendie a été maîtrisé par les pompiers et les gendarmes qui ont placé le forcené en garde à vue. Thomas est depuis hospitalisé à sa demande et donc absent à son procès. La procédure concernant cet épisode récent est toujours en cours. Un avis psychiatrique a été demandé. 

"On m’a laissée tomber alors que je cherchais de l’aide", a tenu à exprimer Liliane à la barre. Depuis, un téléphone grand danger lui a été donné. "Mais je ne fais plus confiance au système parce que j’estime que le système ne m’a pas protégée", a-t-elle accusé en pleurs. "Lui, il était libre et moi je vivais dans la peur". "Des femmes ont porté plainte et se sont retrouvées le ventre ouvert ", craint encore Liliane pour sa vie. Dans l'incendie, l'un de leurs trois chiens est mort. 

"Ni le Prince charmant ni la Belle au bois dormant"

Pour sa part, le ministère public a estimé que les "comportements violents sont à reprocher de part et d’autres". Quant aux outils et dispositifs mis en place contre les violences conjugales, ils ne peuvent intervenir que lorsque l'on a une connaissance complète de la situation, a rappelé la procureure Sylvaine Schumacher. Liliane aurait dû indiquer que Thomas ne respectait pas l’interdiction de contact. 

"Il y a eu une escalade violente malgré les appels à l’aide" , a insisté à son tour Me Farid Issé pour la défense de Liliane, tandis que Me Amel Khlifi-Ethève a reconnu que Thomas "n’est pas le Prince charmant mais on n'a pas la Belle au bois dormant en face non plus". 

Liliane a finalement été condamnée à 6 mois de sursis simple et à payer 1000 euros de préjudice moral à son ancien conjoint. Thomas écope lui de 18 mois de prison dont 10 ferme avec mandat d’arrêt différé. Le tribunal s’est également prononcé sur une interdiction d’entrer en contact avec la victime, de paraître à son domicile et sur l’obligation de soins et d’indemniser la somme de 2500 euros de préjudice morale à son ex-compagne. Pour autant, Thomas n’en a pas fini avec la justice. Il devra répondre des faits du 14 septembre dernier. Cette fois-ci, il sera seul sur le banc des accusés et Liliane pleinement reconnue comme victime.

* prénoms d'emprunt

 

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