Le surf péi s’offre une compétition internationale pour les quarante ans de la Ligue

On ne boude pas son plaisir à la Ligue réunionnaise de surf de voir une si belle affiche pour terminer l’année. Après l’étape de l’Open de France en mars dernier, les glisseurs péi vont pouvoir se mesurer aux surfeurs venus d’Inde, d’Afrique du Sud, de Maurice, mais aussi de Tahiti, du Sénégal et de Nouvelle-Aquitaine. Un beau challenge, qui, en plus de tourner symboliquement la page de la crise requin, se veut aussi l’occasion de tisser des liens avec des surfeurs des quatre coins du monde. Depuis ce lundi, et au moins jusqu’au 24 novembre, l’Ouest redevient un hot spot du surf.
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La Francophonie à l’honneur
Pour marquer l’importance de cette compétition, le président de la Fédération française de surf a tenu à faire le déplacement. Jacques Lajuncomme insiste notamment sur l’aspect coopération internationale, avec le focus mis sur la Francophonie. "La rencontre avec d’autres pays, dans leur diversité, va aider à faire grandir tout le monde. Si on profite de ce genre de moments pour se rencontrer avec les autres fédérations de la zone, on essaye aussi de faire vivre cette nouvelle Union francophone de surf", précise Jacques Lajuncomme, qui a été justement élu président de cette Union créée en 2022.
À ses côtés, Alexandre Alcantara, président de la Fédération de surf du Sénégal et secrétaire de l’Union, ne peut qu’applaudir. "On n'est pas loin des 17h de vol pour venir jusqu’ici, avec une escale à Paris. Donc, on est très heureux d’être là pour se mesurer à d’autres surfeurs. Nous voulons faire plus vivre ces échanges, et c’est aussi un moment pour les cadres des fédérations pour se rencontrer et échanger."
Offrir une chance à tous de participer
Grâce à une participation de la Fédération française, et surtout de la Région, une bonne partie des billets d’avion des compétiteurs ont pu être pris en charge, un coup de pouce non négligeable. "C’est normalement très complexe de venir ici. Il nous faut au moins cinq à six mois pour trouver les fonds pour ce genre de compétition. C’est donc une énorme opportunité, un membre de notre équipe a même pris l’avion pour la première fois. Ils ont tous hâte d’apprendre des autres", souligne Danielle Powis, la team-manager de la délégation sud-africaine. "Nous avons vraiment un réservoir de talents énorme dans le pays. Donc, depuis une dizaine d’années, on essaye d’offrir plus d’opportunités à ceux qui ont du mal à commencer le surf. Dans chaque district, nous avons mis en place des quotas pour plus d’inclusion. Cela va prendre encore un peu de temps, mais je pense qu’on est dans la bonne direction."
Une occasion en or pour l’équipe indienne, qui compte bien aussi se lancer sur la scène internationale. "On surfe depuis 20 ou 30 ans en Inde. Nous avons des fonds publics depuis seulement deux ans. Donc pour nous, c'est une très belle opportunité de venir apprendre auprès de nations qui ont une culture du surf plus développée. La discipline réunit des gens très différents, et nous avons énormément progressé depuis une dizaine d’années. Trois de nos surfeurs viennent de villages de pêcheurs, et ils ne parlaient pas anglais avant de commencer le surf. Maintenant, ils voyagent partout dans le monde", ajoute Nawaz Jabbar, le trésorier de la Fédération indienne.
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"On n'occulte pas le risque requin"
Avec 36 compétiteurs de sept équipes, en comptant La Réunion, cette coupe "Francophonie et océan Indien" se vit comme le passage d’un cap symbolique après plusieurs années de disette en termes de compétitions internationales. "Après l’Open en mars, on reste sur le même cap concernant le retour des compétitions dans l’île. On n'occulte pas le risque requin, et nous restons sur notre format de sécurisation des VRR. Voilà pourquoi on va se concentrer sur les spots entre Trois-Bassins et les Aigrettes. Nous restons tributaires des conditions météo, donc on espère pouvoir avancer le plus possible dans les tableaux d’ici mercredi, avant l’arrivée du cyclone, avec les phases finales le weekend prochain", affirme Thierry Martineau, le président de la Fédération réunionnaise de surf.
"Le pari, c’est dix jours pour faire rentrer nos quatre jours de compétitions, soit pas loin de 15h d’épreuves. Le focus est mis sur les moins de 21 ans, donc vous allez pouvoir voir la jeune élite du surf. On encourage tout le monde à venir nous voir, tenez-vous informés sur nos réseaux pour savoir à quel spot nous sommes et rejoignez-nous !", se réjouit Thierry Martineau. "Nous attendons les retours d’expérience après la compétition, mais si c’est la première édition, ça ne sera pas la dernière."
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