Le RN et ses alliés visés par une enquête pour irrégularités financières à Bruxelles

Le parquet européen a ouvert une enquête sur le Rassemblement national et ses partenaires d’extrême droite au Parlement européen, soupçonnés d’avoir détourné plusieurs millions d’euros entre 2019 et 2024.
Le Rassemblement national (RN) et ses alliés au sein de l’ex-groupe Identité et Démocratie (ID) sont dans le viseur du parquet européen. Ce dernier a confirmé ce mardi avoir ouvert une enquête portant sur de possibles irrégularités financières impliquant le parti de Marine Le Pen et Jordan Bardella, ainsi que d'autres formations d’extrême droite siégeant à Bruxelles. « Le parquet européen a ouvert une enquête », a déclaré une porte-parole à l’AFP, précisant qu’aucun détail supplémentaire ne pouvait être communiqué à ce stade, afin de préserver le bon déroulement des investigations.
4.3 millions d'euros dans le viseur
Selon un rapport de la direction des affaires financières du Parlement européen, rendu public par plusieurs médias au début du mois de juillet, ces formations politiques sont soupçonnées d’avoir « indûment dépensé » plus de 4,3 millions d’euros entre 2019 et 2024. Ces dépenses, potentiellement contraires aux règles encadrant l’utilisation des fonds européens, concernent notamment des frais liés à des événements, du personnel ou encore à des campagnes nationales, qui n’auraient pas dû être financées par le budget du Parlement.
Le RN, qui vient de réaliser une percée électorale aux européennes de juin 2024, dénonce des accusations politiques. À ce stade, aucune mise en cause nominative n’a été communiquée, mais l’enquête du parquet européen pourrait avoir des répercussions sur les élus concernés, au moment où les équilibres au sein de l’hémicycle bruxellois sont en pleine recomposition.
Cette affaire s’ajoute à une série de dossiers judiciaires ayant déjà concerné le RN ces dernières années, notamment celui des emplois présumés fictifs d’assistants parlementaires au Parlement européen. En mars dernier, Marine Le Pen et huit anciens eurodéputés du RN – alors Front national – ont été reconnus coupables de détournement de fonds publics à hauteur de 4,1 millions d’euros. Ces fonds, alloués à la rémunération d’assistants parlementaires, auraient été utilisés au profit du parti entre 2004 et 2016.
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