Le projet tram-train : Une vraie fausse bonne solution au tout-auto
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Depuis plus de deux décennies, l’importation des automobiles particulières s’est formidablement accru du fait de l’augmentation du niveau de vie des Réunionnais et de leurs besoins toujours plus élevés de déplacements dans l’île. Ce secteur d’importation, comme partout dans le monde, a été un formidable moteur de développement car entraînant des besoins en carburants mais aussi en matériaux pour la réalisation des réseaux routiers et ouvrages d’art nombreux nécessités par l’orographie réunionnaise ( voir la route des Tamarins ). Les automobiles ont eu d’importants effets sur l’économie réunionnaise : octroi de mer et taxe additionnelle, assurances, crédits, réparations, carburants, travaux routiers, etc…. Ce dynamisme positif dont fait preuve notre île avec ses 400.000 véhicules est cependant lourd de conséquences négatives.
En effet les importations massives, plus de 4.000 millions d'euros ne sont compensées que par à peine 500 millions d'euros de recettes à l’exportation ou au tourisme. Le tout automobile, compte-tenu de l’inexistence évidente d’un véritable transport en commun pour toute l’ile, et pas que les liaisons littorales, entraîne paradoxalement un appauvrissement puisqu’une très large partie des revenus des Réunionnais est pompée par des importations qui ne contribueront à créer aucune richesse mais au contraire de lourdes charges nouvelles. Un gros 4X4 absorbe une bonne part des revenus et perd de la valeur, tandis qu’un minibus touristique s’amortit et génère un revenu par son exploitation !
L’asphyxie circulatoire, dans lequel sombre de plus en plus toute l’île, résulte certes de ces importations massives d’automobiles mais aussi et surtout de l’insuffisance criante de transports en commun efficaces, rapides et peu coûteux et de l’insuffisance du réseau routier. Avec 400.000 véhicules, soit 2.400 km mis bout à bout, nous n’avons pour circuler que 358 km de routes nationales, 136 km de 4 voies et 728 km de routes secondaires, l’asphyxie est obligatoire. Le recours au "tout automobile" dans notre petite île de 2.512 km² est largement justifié par les besoins et surtout par les temps des déplacements de ses 820.000 habitants. Faute d’un réseau dense et performant de transports en commun en site propre, le recours à l’automobile reste une obligation incontournable.
Par la route du littoral actuelle, le trajet St-Denis-Possession prend 15 mn. Par la route de la Montagne, il prend entre 60 et 75 mn. Le choix logique du trajet, deux ou plusieurs fois par jour, de 15 mn au lieu de 60 à 75 mn par les 80.000 usagers quotidiens est évident. Quand la route littorale est ouverte, en 2 ou en 4 voies, personne ne prend, sauf nécessité, la trop longue route de la Montagne.
Le trajet St-Denis-Possession-Le Port-St-Paul, avec le tram-train et ses 25 stations, prendra entre 50 et 110 mn, pourquoi des usagers qui peuvent effectuer en 15 mn ce même trajet prendraient-ils le plus long dont le coût n’est d’ailleurs pas encore connu ? Ainsi présenter le tram-train comme alternative temps acceptable de déplacement collectif entre le nord et l’ouest et le sud n’est qu’une supercherie à laquelle dans la pratique bien peu de Réunionnais motorisés accèderont, et surtout pas les poids lourds ! Une alternative dense de bus à "bas prix", au GPL ou aux carburants peu polluants, en site propre sur la future route du littoral sera beaucoup moins coûteux et répondra bien mieux aux attentes et aux besoins des déplacements des Réunionnais. Engager plus de 5.000 millions d'euros pour 41 km de tram-train constitue un épouvantable gaspillage que nous, nos enfants et nos petits enfants auront à supporter pour les 40 prochaines années. Est-ce bien raisonnable et cela se justifie-t-il vraiment dans l’intérêt général du plus grand nombre ?
A chacun d’apporter sa réponse les 14 et 21 mars prochains.


