Le préfet Jérôme Filippini évoque son "crush" pour La Réunion

Jérôme Filippini, actuel préfet de La Réunion, s'est confiée sur son amour de La Réunion dans une longue interview à Ouest France. Le métier de préfet, autrefois perçu comme une simple autorité administrative, a évolué au fil des années, prenant aujourd’hui une dimension d’accompagnement et de médiation, explique-t-il.
Lire aussi : La vie chère, le premier dossier brûlant du nouveau préfet
Pour lui, cette transformation se traduit par une présence marquée sur le terrain, proche des habitants et des enjeux spécifiques de l’île. "Rien ne fonctionne sans un véritable partenariat entre l'État, les collectivités, les associations et les entreprises", confie-t-il, soulignant l’importance de cette coordination dans une société de plus en plus complexe.
À La Réunion, l’attente envers l’État est encore plus forte qu’en métropole. Insularité, éloignement de Paris, mais aussi histoire et traditions, font que la population se tourne naturellement vers la préfecture pour trouver des solutions à ses problèmes. Jérôme Filippini le reconnaît : "Les Réunionnais savent que le préfet est impartial, qu'il entend tous les points de vue avant de trancher." Ce rôle de médiateur, particulièrement sollicité sur l’île, l'amène parfois à intervenir dans des conflits purement privés, comme entre entreprises.
"Tonton Filippini"
À cela s’ajoute une médiatisation intense. Ici, le préfet est une figure publique incontournable. Qu’il s’agisse de la gestion d’une crise cyclonique, comme avec Belal en janvier dernier, ou de moments plus symboliques, comme lors du "20 desamb". Cette proximité ne l’empêche pas d’incarner l’autorité : "Je ne suis pas un copain. Ce n’est pas être démagogique que d’aller à la rencontre de la population. L’autorité et le contact personnel avec les gens ne sont pas incompatibles."
Lire aussi : Le préfet prend part à la danse du dragon
Bien qu'il soit profondément attaché à La Réunion, évoquant son "crush" pour notre territoire, confiant même avec humour qu'il aimerait rester préfet ici "à vie", il garde à l’esprit la nature temporaire de ses fonctions. Pour lui, être préfet, c’est avant tout être de passage, conscient que son rôle est d'accompagner, sans s’ancrer indéfiniment. Mais pour combien de temps encore la population réunionnaise pourra-t-elle compter sur son "Tonton Filippini" ?


