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Le Port : violente agression au sabre près d'une école maternelle

Ecrit par Régis Labrousse – le samedi 18 janvier 2025 à 16H52

Une scène d'une extrême violence s'est déroulée le 18 novembre dernier au Port. Deux hommes, un père et son fils, ont agressé un homme au sabre aux abords d'une école maternelle. Les deux agresseurs se sont rendus d'eux-mêmes le lendemain matin pour être placés en garde à vue. Ils étaient jugés ce lundi dans le cadre d'une comparution immédiate.

C'est ni plus ni moins qu'une histoire de vengeance qui a débuté le 17 novembre dernier au Port. Michel M., 54 ans, se fait violemment agresser devant une boutique par un individu bien connu des services de police dans la cité Portoise. De retour chez lui, le visage tuméfié par les coups, il décide de ne pas déposer plainte. Il préfère partir avec son fils le lendemain matin pour aller parler avec son agresseur afin de "mettre fin à la situation et comprendre les raisons de cette agression gratuite". Ils partent en voiture, espérant tomber sur lui "par hasard", munis d'un sabre, d'un couteau et de galets, "pour se défendre". Comme ils le répètent à la barre : "On est parti pour lui parler, pas pour le tuer".

C'est chose faite à quelques kilomètres de chez eux. L'agresseur de la veille est à proximité de l'école maternelle de son enfant qu'il vient de déposer. Ils l'abordent et, le moins que l'on puisse dire, est que la discution a tourné court. Selon Kendji M., le fils, l'homme aurait sorti un tournevis pour planter son père : "Il voulait tuer mon père, on voulait lui donner une bonne leçon", explique le jeune homme. Par bonne leçon, entendez deux coups de sabre à la tête et au dos portés par le fils, et des coups de poing et de pieds assénés par le père. Les deux agresseurs laissent la victime sur place et repartent. La scène fut tellement violente, que les cris de la victime ont alerté les professeurs de la maternelle qui ont dû faire rentrer tous les élèves.

La victime s'était enfuie de l'hôpital

L'homme agressé s'est ensuite rendu à l'hôpital et, fort heureusement, s'en sort avec 7 jours d'ITT. Chose peu banale, à l'arrivée des forces de l'ordre afin de prendre sa déposition, la victime s'était enfuie de l'hôpital. Selon les deux prévenus, il a fait ça car "il est en cavale pour d'autres faits". À ce jour, toujours aucune nouvelle de lui. Cela a par ailleurs retardé l'audience de plusieurs semaines dans l'attente de son audition qui n'aura, au final, jamais lieu. Qu'à cela ne tienne, le tribunal indique ne pas juger la victime pour les faits de la veille, puisqu'il ' n'y a jamais eu de plainte déposée. Pour autant, les deux prévenus insistent sur cette agression "qui a tout déclenché" et se défendent "d'avoir voulu le tuer".

En détention provisoire depuis le 21 novembre 2024, les deux hommes expliquent "avoir peur des représailles pour leur famille" et supplient le tribunal de les libérer. Seule ombre au tableau, les casiers judiciaires. Si celui du père fait état de 4 mentions dont des violences, celui du fils est plus qu'étoffé avec 9 mentions, aussi pour des violences.

"On est sur une expédition punitive, on veut se le faire"

Cet état de fait ne manque pas de faire réagir le parquet qui note qu'"ils ont bien appris leurs leçons durant la détention". La procureure relève des faits "hyper graves avec trois circonstances aggravantes dont la préméditation", avant d'ajouter : "On est sur une expédition punitive, on veut se le faire. Ce sont deux fous furieux qui commettent des faits irréparables. Il n'y a pas de légitime défense". La magistrate requiert la même peine 5 ans de prison dont 1 an de sursis pour les deux prévenus.

"L'erreur qu'ils ont commise est d'avoir voulu se faire justice eux-mêmes", admet la défense qui reconnaît qu'il aurait dû y avoir ""une plainte pour les faits de la veille". Selon elle, "l'intention initiale était de régler le problème", précisant que "c'est la victime qui est à l'origine de l'altercation. Mon client s'est fait casser la gueule et a été laissé à même le sol. Leur intention était de le stopper, c'est un fils qui a voulu protéger son père. Ils ont voulu se venger, mais il n'y avait pas de préméditation", conclut la robe noire qui plaide pour une peine moins sévère sans maintien en détention.

Retenant des faits particulièrement graves avec préméditation, le tribunal prononce une peine de 4 ans de prison dont 1 an de sursis pour le fils et, estimant son implication moindre, prononce 3 ans de prison dont 1 an de sursis pour le père. Le tribunal prononce le maintien en détention des deux et révoque le sursis de 9 mois du fils. Le véhicule ayant servi pour cette expédition est également saisi.

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