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Le Port : fermé par le préfet, le PMU Chez Maly obtient sa réouverture au tribunal

Ecrit par T.L. – le mardi 20 janvier 2026 à 17H45

Sanctionné d’une fermeture administrative de quatre mois par le préfet Patrice Latron dans une procédure encadrée par la loi de lutte contre le narcotrafic, le PMU Chez Maly avait contesté cette décision au tribunal. Le juge des référés a considéré que la sanction était disproportionnée, au regard des éléments de l'enquête sur un présumé blanchiment d'argent.

« C’est fermé définitivement ? », nous questionnaient cette semaine deux hommes posés sur un banc de la place des Cheminots au Port, juste en face du PMU Chez Maly, en s‘inquiétant de savoir si leur lieu de rencontre favori pour jouer au tiercé allait rouvrir un jour.

Sur les rideaux baissés du commerce, une affichette de la préfecture mentionne que le PMU Chez Maly est fermé pour quatre mois à compter du 1er décembre 2025. Le 7 janvier dernier, lors d’une audience en référé au tribunal administratif de La Réunion, le gérant du commerce avait fait valoir qu’une telle durée de fermeture signifiait un arrêt de mort pour une entreprise employant trois personnes en CDI et une autre en CDD.

Lire aussi : Le Port : le PMU Chez Maly conteste au tribunal sa fermeture dans le cadre d’un trafic de stupéfiants

Si la fermeture administrative relève d’une décision du préfet Patrice Latron, prise dans le cadre de ses prérogatives élargies par la loi de lutte contre le narcotrafic du 13 juin 2025, elle ne saurait s‘appliquer concernant ce PMU du Port, selon l’avocat du requérant Me Laurent Benoiton.

Le gérant entendu en audition libre

À la barre, ce dernier a fait valoir qu’en raison du principe de non-rétroactivité de la loi, le préfet ne pouvait se saisir de faits antérieurs à juin 2023. En l’occurrence, une enquête de police a mis au jour sur le compte en banque d’un présumé trafiquant de drogue les traces de deux virements de la Française des Jeux (effectués peu avant la promulgation de la loi sur le narcotrafic), pour une somme totale supérieure à 15 000 euros, effectués au PMU Chez Maly.

Le bénéficiaire de ces gains de paris sportifs a présenté une pièce d’identité et un RIB qui ont été validés par scanner, mais la police soupçonne une combine de blanchiment d’argent de la drogue. Le gérant du commerce, qui a été entendu en audition libre, n’a pas été mis en examen dans cette enquête.

Dans une ordonnance rendue ce mardi 20 janvier, le juge des référés a suspendu l’arrêté préfectoral contesté, autorisant de fait la réouverture immédiate du PMU Chez Maly. Une décision identique à celle rendue en octobre dernier dans une affaire similaire, lorsque le préfet Patrice Latron avait signifié la fermeture administrative du PMU les Flibustiers au Moufia, en marge d’une investigation sur un trafic de drogue.

1 500 euros à la charge de la préfecture

Le jugement souligne que « l'exécution de l'arrêté préfectoral entraîne des conséquences économiques et sociales difficilement réparables, de nature à menacer à très brève échéance l’équilibre financier » de la SARL PMU Chez Maly.

Pour fonder son ordonnance, la juridiction administrative a retenu l’un des moyens soulevés par Me Laurent Benoiton selon lequel la sanction de fermeture de quatre mois n’était aucunement proportionnée avec « les erreurs » commises par son client.

« En l’état de l’instruction, il ne résulte pas, en particulier, que l’établissement aurait servi, entre la révélation des faits en cause commis fin mai et début juin 2025 et la date de la décision attaquée, pour commettre les infractions dont le préfet de La Réunion a entendu prévenir la réitération en ordonnant sa fermeture pour une durée de quatre mois », considère le jugement du tribunal administratif, qui met à la charge de l’État la somme de 1 500 euros à verser au PMU Chez Maly.

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