Le PCR appelle les parlementaires réunionnais à se mobiliser pour une réparation de l’esclavage

Le Parti communiste réunionnais (PCR) interpelle solennellement les députés et sénateurs de l’île pour la création d’une commission d’enquête parlementaire sur la réparation de l’esclavage. Une démarche qui s’inscrit dans un contexte international de plus en plus favorable à la justice réparatrice.
Le PCR appelle les parlementaires de La Réunion à se saisir d’un sujet qu’il juge central et toujours irrésolu : la réparation de l’esclavage. Dans un courrier adressé aux députés et sénateurs de l’île, le parti demande la création d’une commission d’enquête parlementaire dédiée à cette question, plus de vingt ans après la reconnaissance officielle de la traite et de l’esclavage comme crimes contre l’humanité.
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Le PCR rappelle que la loi adoptée en 2001 par l’Assemblée nationale a posé un principe fondamental, sans toutefois en tirer toutes les conséquences. Pour le parti, reconnaître un crime implique nécessairement la reconnaissance de victimes et l’ouverture d’un droit à réparation, un volet qui n’a, selon lui, jamais été traité par la législation française.
Le communiqué insiste sur le fait que l’abolition de l’esclavage en 1848 n’a pas mis un terme au système d’exploitation. À La Réunion, le recours massif aux travailleurs engagés venus d’Inde, de Chine, des Comores, de Madagascar ou du Mozambique aurait permis de prolonger l’économie de plantation sous d’autres formes, dans des conditions parfois proches de l’esclavage. Pour le PCR, le crime s’est transformé sans disparaître.
Des conséquences toujours mesurables aujourd'hui
Selon le parti, les conséquences de ce passé pèsent encore lourdement sur la société réunionnaise. Les descendants d’esclaves, privés de terres, de noms et d’histoire, composeraient aujourd’hui une large part des classes populaires et précaires. Les inégalités sociales, économiques et foncières actuelles seraient ainsi directement liées à l’absence de réparation du crime originel.
Le PCR replace également sa demande dans un contexte international marqué par une montée en puissance des revendications réparatrices. Il évoque notamment la mobilisation conjointe de l’Union africaine et de la CARICOM, qui réclament des réparations aux anciennes puissances esclavagistes, ainsi que les positions réaffirmées au sein des instances onusiennes en faveur de la justice réparatrice pour lutter contre le racisme systémique.
Pour le parti, La Réunion ne peut rester à l’écart de ce mouvement mondial. Il rappelle qu’en 1848, l’État français avait indemnisé les anciens esclavagistes, sans jamais reconnaître ni compenser les préjudices subis par les victimes et leurs descendants. Le PCR estime que la réparation doit aujourd’hui être pensée de manière collective, concernant l’ensemble des Réunionnais, et adaptée à l’histoire spécifique de l’île.
La création d’une commission d’enquête parlementaire est présentée par le PCR comme une étape indispensable pour établir la vérité historique, mesurer les impacts contemporains de l’esclavage et formuler des propositions concrètes en matière de réparation. Pour le Parti communiste réunionnais, il s’agit avant tout d’un enjeu de justice, de dignité et de responsabilité républicaine, qui appelle désormais une prise de position claire des élus nationaux de La Réunion.


