Le groupe Bernard Hayot se dit victime d’une campagne de "déstabilisation"

Après les révélations de Libération sur l’ouverture d’une enquête à son encontre pour de présumées opérations de lobbying non déclarées, le groupe GBH a répliqué en annonçant une plainte pour diffamation contre le journal.
Le 19 mars dernier, le quotidien national Libération a révélé l’ouverture d’une enquête de la Haute autorité pour la transparence de la vie publique à l’encontre du Groupe Bernard Hayot (GBH).
La HATVP assure que, suite à une signalement de l’ONG anti-corruption Transparency International, des doutes entourent les pratiques de lobbying de GBH auprès des parlementaires ou des fonctionnaires. La réglementation impose notamment aux entreprises de déclarer les organes qui plaident leurs intérêts auprès des instances de l'État.
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Or, rapporte Libération, le Groupe Bernard Hayot aurait déclaré la Fédération des entreprises outre-mer (Fedom) comme unique représentant de ses intérêts. Pour Transparency International, le fait de taire les noms de l’Association martiniquaise pour la promotion de l’industrie (Ampi), une instance de lobbying créée par Bernard Hayot, ou encore celui du Comité martiniquais d’organisation et de défense du marché du rhum (Coderum), pourrait relever du délit.
Dans un communiqué de presse, le groupe GBH, qui accumule ces dernières semaines les Unes et les manchettes dans la presse nationale en raison de ses supposées pratiques anticoncurrentielles et sa réticence a publier ses comptes, a vivement réagi en indiquant avoir porté plainte pour diffamation contre Libération.
GBH brandit la menace d'une crise majeure en Martinique
« Nous constatons avec regret que ce journal multiplie les articles à charge contre notre groupe, dont l’intégrité n’a jamais été mise en cause par aucun organisme de contrôle public. Nous observons que ces attaques répétées, signées par le même journal, s’inscrivent dans une démarche malveillante et de déstabilisation », estime le groupe martiniquais, qui possède de nombreuses grandes enseignes à La Réunion.
« Dans le contexte économique actuel, cette stigmatisation permanente menace de plonger la Martinique dans une crise majeure », s’alarme GBH, dont le nom est associé à la domination des Békés aux Antilles.
La controversée société de Bernard Hayot met en doute la neutralité de la représentation française l’ONG Transparency International, dont l’actuel délégué général a occupé un poste au cabinet du ministère des Outre-mer entre 2016 et 2017.
« Depuis 30 ans, notre organisation a toujours agi en toute indépendance, en utilisant son agrément auprès de la HATVP depuis 2014 pour signaler des activités de lobbying potentiellement hors du cadre légal, et ce, quelle que soit l’entité concernée. Aucun acteur économique ne saurait se soustraire aux règles ni se défausser de ses responsabilités en brandissant la menace d’une crise majeure en Martinique » a réagi Transparency International par voie de communiqué.


