Le gouvernement démissionnaire reconduit à l'identique le budget pour 2025

Sans gouvernement officiel depuis le 16 juillet, le Premier ministre démissionnaire Gabriel Attal a reconduit à l'identique le budget pour 2025, avec un montant de crédits fixé à 492 milliards d'euros. Gabriel Attal a transmis aux ministères les "lettres plafonds" d'un projet de budget reconduit tel quel, charge à son ou sa successeur d'y apporter des modifications. C'est là toute l'incongruité de la situation.
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Car le temps presse. Les parlementaires doivent rapidement entamer les discussions autour du projet de loi de finances (PLF) et du projet de loi de financement de la sécurité sociale pour l'année prochaine. Le projet de loi de finances, qui doit être adopté et promulgué avant le 1er janvier, doit être déposé au Parlement au plus tard le premier mardi d'octobre. Ce texte, dont l'adoption s'annonce très délicate dans un contexte d'absence de majorité à l'Assemblée nationale, doit par ailleurs être présenté en Conseil des ministres et avoir reçu les avis du Haut Conseil des finances publiques et du Conseil d'État.
10 milliards d'euros d'économies
Un PLF qui tient compte de la nouvelle cure d'économies que la France doit entreprendre en raison du dérapage de la dette publique. Dix milliards d'euros de crédits en moins pour ramener le pays dans les clous et répondre aux attentes de Bruxelles en matière de déficit public. Pour rappel, les ministres des Finances de l’Union européenne avaient validé la procédure de déficit excessif dans laquelle la Commission européenne a placé la France. Paris est donc obligée de modifier sa trajectoire financière, car les nouvelles règles de stabilité budgétaire prévoient des amendes importantes. En 2023, la France affiche un déficit de 5,5 % de son produit intérieur brut, et une dette publique de 110,6 % du PIB.
Parallèlement, le ministre des Finances Bruno Le Maire avait proposé un budget plus restreint de 487 milliards d'euros, soit une réduction de 5 milliards d'euros, afin d'augmenter les chances de ramener le déficit public à 3 % du PIB en 2027. Une proposition non retenue par le Premier ministre démissionnaire au moment de l'envoi des lettres plafonds.
"Problème démocratique"
Quel gouvernement et quelle majorité pour appliquer ces arbitrages ? Là est toute la question. Le président de la République, Emmanuel Macron, entame des discussions avec les chefs de partis pour, à terme, désigner un nouveau gouvernement sept semaines après le second tour des élections législatives. Du côté du Nouveau Front Populaire (NFP), on a déjà fait savoir que ce « budget d'austérité » fera l'objet d'ajustements fiscaux. « Qu’un gouvernement démissionnaire prépare un budget pose un problème démocratique », indique Lucie Castets – la candidate du NFP pour Matignon – dans une interview parue dans Libération. Elle a déjà annoncé son intention d'annuler le plan d'économies de 10 milliards d'euros proposé par Gabriel Attal.
Le Nouveau Front populaire propose Lucie Castets pour Matignon


