Le gouvernement Barnier tombe

La motion de censure déposée par le Nouveau Front populaire a été adoptée avec le soutien de l'extrême-droite. Le Premier ministre, Michel Barnier, va devoir présenter sa démission. La France retombe dans le flou politique, trois mois seulement après le chaos suite aux résultats des élections législatives anticipées. Le pari de la dissolution de l'Assemblée tenté par Emmanuel Macron se révèle perdant un semestre plus tard.
La tension était palpable ce mercredi dans l'hémicycle au Palais Bourbon. La motion de censure du Nouveau Front populaire a été votée par 331 députés et a obtenu la majorité. Le Premier ministre, Michel Barnier, doit maintenant quitter son poste.
Le gouvernement Barnier n'aura vécu que 74 jours, soit un peu plus de deux mois. Michel Barnier n'a lui été Premier ministre guère plus longtemps. Il aura passé 90 jours à Matignon. Sa démission est attendue dans les heures qui viennent.
Ce n'est que la deuxième fois qu'un gouvernement est renversé durant la 5e République. La dernière fois qu'une motion de censure a été adoptée, c'était il y a 62 ans.
Le gouvernement Barnier critiqué de toutes parts
Les présidents des différents groupes parlementaires de l'Assemblée nationale se sont exprimés avant le vote. Pour le Parti socialiste, Boris Vallaud a fustigé Michel Barnier : "Cette motion de censure, c'est d'abord votre échec, l'échec de Michel Barnier." L'écologiste Marine Tondelier a, elle, affirmé que "les écologistes et la gauche pour gouverner".
Marine Le Pen a pris la parole pour le Rassemblement national : "Au fil de ces trois petits mois, il est apparu que vous étiez en réalité à la tête d'un gouvernement dépourvu de toute assise démocratique, y compris au cœur de votre soi-disant socle commun."
Eric Ciotti, président du groupe UDR a lui assuré que son soutien de la motion de censure visait à "protéger les Français, les entreprises et l'économie."
L'ancien Premier ministre, Gabriel Attal, président du groupe "Ensemble pour la République", a défendu le Premier ministre. "Vous faites une erreur devant l'histoire", a-t-il lancé aux députés du Rassemblement national. Laurent Wauquiez, président du groupe des Républicains a aussi apporté son soutien : "Il n'y a que deux choix possibles : l'intérêt du pays ou l'intérêt des partis, le choix de la responsabilité ou le choix du chaos, le choix de la solution ou le choix du désordre."
Michel Barnier a été le dernier à s'exprimer au Perchoir. Il a évoqué "un moment de vérité et de responsabilité" avant de lister les actions menées en l'espace de trois mois. Il rappelle qu'il n'avait eu que quinze jours pour présenter un projet de budget de la Sécurité sociale, pour lequel il a déclenché le 49.3 suite à une impasse dans les débats parlementaires. Sur un ton résigné, le Premier ministre qui s'attendait à ce que le couperet tombe a tout de même affirmé : "Je n'ai pas peur."


