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Le deuil n’est pas un travail !

« La famille attend que le coupable dise enfin comment les choses se sont passées pour pouvoir entamer son travail de deuil ». Oyez bonnes gens la trouvaille d’un présentateur du JT, voici quelques années : « travail de deuil ». Il s’est certainement jugé génial en inventant cette expression qui ne veut strictement rien […]

Ecrit par Jules Bénard – le jeudi 04 juillet 2013 à 09H48

« La famille attend que le coupable dise enfin comment les choses se sont passées pour pouvoir entamer son travail de deuil ».
Oyez bonnes gens la trouvaille d’un présentateur du JT, voici quelques années : « travail de deuil ». Il s’est certainement jugé génial en inventant cette expression qui ne veut strictement rien dire. Malheureusement le public a été séduit par ce coup de bluff médiatique. Le pire est que nombre de journalistes ont repris cette stupidité à leur compte.

Le deuil n’a jamais été considéré, par la religion ou l’athéisme, comme un travail. Il s’agit d’un cheminement purement personnel, intime, une attitude spirituelle et physique ; un état d’esprit dans lequel on s’installe par amour pour le défunt afin de procéder aux rites présidant à l’ensevelissement ou l’inhumation. Considérons-le comme un pieux devoir, soit, pas comme un vulgaire travail auquel il faut s’atteler pour satisfaire aux convenances.

L’on s’étonne que les gens, surtout la jeunesse, parlent de plus en plus mal mais comment pourrait-il en aller autrement ? L’exemple vient souvent d’en haut, les dirigeants ayant semble-t-il d’épouvantables litiges avec la langue française. La bravitude n’est qu’un exemple parmi des milliers d’autres.

Malheureusement, le mauvais exemple est aussi, très souvent, répandu à loisir par la presse et l’audiovisuel. Le pire est que les gens de radio, de télé et de journaux n’ont jamais tort. Où irait-on s’il fallait admettre ses erreurs ? On peut le leur dire cent fois, ils persistent et signent. Leur faire parvenir un petit mot amical pour leur signaler leurs errements revient à souffler dans une contrebasse… ou pisser dans un violon, si vous aimez mieux. Je vais quand même me répéter puisque je suis teigneux et que le mal-parler m’insupporte.

« Vous n’êtes pas sans ignorer » est la traduction libre (et incorrecte) de « vous n’êtes pas sans savoir ». Cela n’est pas logique « pour tout un chacun ». Oups ! pardon, « pour chacun » qui, lui, n’est pas un pléonasme.

Il est navrant d’entendre, malgré des années et des tonnes de remarques, que certains s’acharnent, avec l’obstination d’un chameau à vouloir passer par le chas d’une aiguille, à parler de circulation « par alternat ». La circulation peut se faire « en alternance, d’un côté puis de l’autre » ; elle peut se faire « alternativement de droite et de gauche », d’accord. L’alternat désigne « le fait, pour deux phénomènes différents, de se produire alternativement à intervalles réguliers » (Larousse). L’éveil et le sommeil, le jour et la nuit, les quatre saisons, la culture ou la friche, le soleil et la lune, l’érection et la mollesse sont des phénomènes différents fonctionnant par alternat. Pas la circulation ! Qu’elle vienne d’un côté ou de l’autre, il s’agit bien d’une même chose. Mais l’ami Yves va nous la resservir pour la 113 000 è fois, vous verrez, son alibi étant la caution, par communiqués interposés, de la Direction des routes. Sur le même parcours, il y a le tordant « au droit du chantier », probablement inventé par un ingénieur divisionnaire désoeuvré, un dimanche après-midi pluvieux.

Je cite pour mémoire le sinistre « c’est sans compter sur », avalisé par un large public ; l’expression juste étant « c’est compter sans ». Je vais donc redire à l’ami Yves, que j’aime bien, que la répétition d’une erreur n’en a jamais fait une vérité !

J’ai laissé pour la fin l’invraisemblable « numéro UNE » des QCM télévisés. D’abord, numéro est du masculin mais ça n’a rien à voir en l’affaire ! Même une proposition (mot féminin) est numéro UN, pas UNE. « La route nationale UNE » est une aberration, pour la simple raison qu’en français, les nombres sont invariables.

Tant qu’on y est, « de suite » n’existe pas. On dit « tout de suite, immédiatement, sans retard ». A la rigueur « grouille zot boyo ! »

Sans rancune.

Jules Bénard

 

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