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Le département "langues, cultures et sociétés de l'océan Indien" de l'Université disparaît

A l'occasion de son conseil d'administration, hier, l'université de la Réunion a voté le rattachement du département des "langues, cultures et sociétés de l'océan Indien" à la maison des langues, et donc sa disparition. Au grand dam des acteurs de ce département, d'étudiants et de représentants associatifs.
Ecrit par zinfos974 – le vendredi 10 juin 2011 à 14H57

 

A l'heure où l'on incite les Réunionnais à se tourner vers le marché océan Indien et asiatique, le département "langues, cultures et sociétés de l'océan Indien" (DLCSOI) de l'Université de la Réunion va disparaître. Le nombre de personnes (étudiants, salariés, retraités…) à y suivre des cours est stable depuis cinq ans. Pour l'ensemble des cinq langues enseignées (arabe, chinois, hindi, japonais, malgache, tamoule), environ 120 à 140 étudiants y sont inscrits chaque année. Pour l'ensemble de ces formations, le coût pour l'université est de 20 à 25.000 euros par an, autant dire une goute d'eau dans la mer financière de l'Université.

Pourtant, aux alentours de 23h hier, le conseil d'administration (CA) de l'Université de la Réunion a majoritairement voté pour le rattachement de ce département à la maison des langues, et sa disparition. Une maison des langues assimilée par les défenseurs du département à une "coquille vide", une salle où trônent deux ordinateurs. Un recul net par rapport aux perspectives d'avenir que les acteurs du département avaient imaginé : création d'une licence de langues européennes/ langues de l'océan Indien, permettant aux étudiants de faire le choix d'une ouverture à la pluralité des mondes, et de mieux s'armer pour leur avenir professionnel.

Un malentendu?

Après avoir pris connaissance de l'ordre du jour du CA, les responsables d'associations (13 au total) ont tenté de mettre en oeuvre une action rapide. Une motion a été présentée "contre la disparition du département de langues, cultures et sociétés de l'océan Indien" en rappelant, par exemple, que l'ouverture de ce même département, pour la rentrée 2011, avait été votée à l'unanimité lors du conseil d'administration du 19 mai dernier.

La motion évoque également la dernière réunion entre le Collectif pour la défense des langues de l'océan Indien et le président de l'université, Mohamed Rochdi, qui aboutit à l'acceptation du Collectif pour "l'autofinancement des formations du département, son maintien ainsi que celui de son directeur, suite au rattachement du DLCSOI à la Maison des langues". Alors pourquoi ce revirement ? Selon un membre du CA présent hier soir, "Mohamed Rochdi a argué que cette pétition était le résultat d'un malentendu".

Il faut préciser que si le département disparait, les DU (diplomes universitaires) eux non. Cela sous-entend qu'ils seront rattachés à la Maison des langues. "Cela permet de clarifier la situation. La Maison des langues a un budget communication immense, une belle aubaine pour la promotion de ces diplômes", indique un autre membre du CA.

Au final, la seule question importante est de savoir si l'Université de la Réunion reste garante d'une formation linguistique de qualité pour ses étudiants. Notre île, avec ses spécificités (éloignement géographique, contexte socio-économique difficile, étroitesse des marchés…), doit pouvoir faire face à la mondialisation. Une solution à cela, donner aux Réunionnais les outils nécessaires au développement des relations économiques, interculturelles et internationales dans les pays de l'océan Indien et au-delà.

 

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