« Le contrat de confiance entre générations est rompu » : Bayrou joue son avenir à l’Assemblée nationale

Devant les députés, le Premier ministre a mis en garde contre l’explosion de la dette et l’« addiction » du pays aux dépenses publiques. À l’issue du débat, un vote de confiance à haut risque est attendu ce soir vers 21 heures à La Réunion.
François Bayrou a choisi la solennité pour engager son gouvernement dans une épreuve décisive. Ce lundi, le Premier ministre a pris la parole en premier à l’Assemblée nationale, ouvrant un débat qui doit se conclure par un vote de confiance autour de 21 heures à La Réunion. Un rendez-vous qu’il a lui-même provoqué, au risque de voir son gouvernement chuter. « J’ai voulu cette épreuve de vérité », a-t-il expliqué d’entrée, estimant que « le plus grand risque était de ne pas en prendre ».
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Tout au long de son discours, le chef du gouvernement a dressé un constat alarmant sur l’état des finances publiques. Selon lui, la France vit au-dessus de ses moyens depuis trop longtemps. « Nous dépensons, mais nous ne revenons jamais en arrière. C’est devenu un réflexe et, pire encore, une addiction », a-t-il dénoncé, rappelant que la dette s’élève désormais à 3.415 milliards d’euros. Il a décrit une « hémorragie silencieuse, souterraine, invisible et insupportable » qui menace, selon lui, le « pronostic vital » du pays.
Un appel à un compromis politique dépassant les clivages partisans
Au-delà des chiffres, Bayrou a insisté sur les conséquences pour les générations futures. « Nous avons rompu le contrat de confiance entre générations », a-t-il martelé, affirmant que les plus jeunes se sentent « génération sacrifiée », condamnés à porter pendant vingt ou trente ans le fardeau des dettes contractées par leurs aînés. Il a souhaité que « les plus avancés en âge unissent leurs efforts pour alléger la dette que les plus jeunes devront acquitter ».
Pour enrayer cette spirale, le Premier ministre a présenté un plan de désendettement qui doit, selon lui, permettre d’ici quatre ans de stopper l’augmentation de la dette. « Si la dette n’augmente plus, alors le travail des Français, leur inventivité, leur créativité remettront le pays à flot », a-t-il assuré, appelant à une mobilisation collective et à un effort modéré mais immédiat.
François Bayrou a également abordé d’autres thèmes, dont la question migratoire, plaidant pour « contrôler et maîtriser les arrivées » mais aussi intégrer les nouveaux venus « par le travail, la langue et le respect de nos principes de vie ». Il a enfin rejeté « les solutions de facilité » consistant à taxer lourdement les plus riches, avertissant que cette stratégie risquerait de pousser capitaux et investisseurs à l’exil, tout en reconnaissant la nécessité de réfléchir à une contribution adaptée des très hauts revenus.
En conclusion, le Premier ministre a lancé un appel à un compromis politique dépassant les clivages partisans. « S’il n’y a pas cette entente minimale entre les grandes sensibilités du pays, alors l’action du gouvernement serait vouée à l’échec », a-t-il prévenu. Reste à savoir si cette mise en garde convaincra une majorité de députés de lui renouveler leur confiance dans quelques heures.


