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Le changement par les municipales

Ecrit par zinfos974 – le lundi 27 janvier 2014 à 10H00

S'il en est pour qui le changement est une chimère, ce ne sont pas les maires dont la fin de campagne des municipales n'est plus une simple ligne droite avant le verdict des urnes. Outre le dosage de la liste municipale dans la zone d'éligibilité attendue entre les différents courants de la future majorité et la place laissée à l'ouverture, la tête de liste doit assumer l'application de deux lois institutionnelles. La première, qui réclame des décisions d'organisation politique visibles et interprétées par les électeurs, concerne l'élection des conseillers communautaires en même temps que les conseillers municipaux, où, pour faire simple, dans la présentation sur le bulletin de vote, la parité et l'ordre des candidats seront strictement respectés. La deuxième, le non-cumul d'un mandat national avec une fonction exécutive locale, qui, certes, n'est applicable qu'en 2 017, mais qui pèse dans le débat en ce sens que les citoyens à la Réunion sont plus enclins à choisir un maire plutôt qu'une équipe, et que dans l'hypothèse d'un abandon du mandat en cours d'exercice, le « dauphin », quelle que soit sa personnalité, fait rarement l'unanimité dans son camp.

La vie politique s'organise autour du maire, pour fabriquer un élu national ou local, répartir les fonctions exécutives, et même au conseil départemental ou régional où il se doit d'assurer la représentation de son fief. En effet, cela se voit dans le fonctionnement même de son parti ou de son mouvement, car c'est lui qui ramène et entretient les troupes. C'est toujours sous son autorité que se mettent en place tactique et stratégie, que se contourne la participation des citoyens à la vie associative quand elle dérange, que les ambitions de carrière dans son entourage se régulent (voir les futurs candidats au mandat de conseiller départemental), et ce quels que soient les emballages statutaires que son organisation s'est donnés. On peut aller jusqu'à y voir un féodalisme, qui tourne le dos au traitement et au suivi des questions importantes pour le bien commun, et qui fait le lit du populisme. Lâcher un mandat de maire, c'est en fait mettre fin à sa carrière politique ; il n'y a qu'à voir la réaction du jeune député Vlody qui ambitionne de conquérir le Tampon : il a déclaré sans ambages que s'il est élu, il renoncera à son mandat de député. Ou des députés-maires de l'île qui bottent en touche sur la question, tout en lorgnant vers la présidence de la Région en 2015. Mais tout le monde sait qu'en politique « le diable se cache dans les détails ».

La tâche du maire s'annonce de plus en plus difficile, en raison des restrictions budgétaires et de la complexité grandissante de la gestion. Les belles propositions n'ont des chances de se réaliser que si la commune est en mesure d'apporter sa part s'il s'agit d'une compétence de l'État ou de la Région. C'est en tissant des liens constructifs entre le pouvoir municipal et la société que l'on peut faire mieux avec moins, mais à condition de garantir la transparence dans la gestion – en tenant compte aussi de l'intercommunalité où curieusement les bilans-évaluations n'apparaissent pas dans la campagne. Cette transparence est bien plus qu'une affaire de communication, fût-elle exubérante à souhait. Que les élus municipaux s'investissent davantage dans les conseils de quartier et aient le courage de mettre en route une pratique des budgets participatifs (un pourcentage du budget d'investissement géré de manière participative) ! La légitimité de ces élus autour du maire s'en trouvera forcément renforcée. En attendant la vraie réforme par un non-cumul dans le temps de tous les mandats. Mais peut-on impulser le changement sans entreprendre de se changer soi-même ?

Aimé LEBON, Bois-de-Nèfles Saint-Paul

 

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