Le business de Noël

Hélas, trois fois hélas, Noël est devenu pour beaucoup le moyen de faire du business. Pour rappel, "business" signifie "affaires" en anglais, c’est-à-dire : générer un maximum de profit.
Si l’on prend le déroulé de la période qui nous intéresse (j’évite volontairement de parler d’exemple), nous avons divers acteurs : le père noël pour les plus petits, l’offrant pour les plus grands,( souvent le même), et le récipiendaire, celui qui reçoit. Le moment de la recherche et de l’achat des cadeaux est un moment fort.
Il y a la démarche, l’imagination, la connaissance des goûts et la prise en compte de la sensibilité de celui ou celle qui va recevoir, l’anticipation de sa réaction. Sans oublier que l’offrant va obéir aussi à ses propres goûts et à sa grande envie de faire plaisir. In fine, nous avons dans l’acte d’offrir un grand moment d’affection ou d’Amour. Cet Amour est majoritairement en retour au moment de l’ouverture des cadeaux.
Et puis, il y a 30% des français enclins à revendre les présents qui ne leurs conviennent pas….Merci "le bon coin". Je mets à part le cas des enfants croyant au Père Noël, et pour lesquels il faudra faire preuve d’une grande imagination pour changer le jouet en double sans trahir le Père Noël. Là, courage aux parents. Je m’adresse à ces 30% qui revendent les cadeaux qui ne leur plaisent pas . A ceux-là je dis : "avez-vous un cœur" ?.
L’acte d’offrir est un acte d’Amour. Cet objet que vous avez le droit de ne pas aimer est un signe de considération, de respect à votre égard, d’affection. Et vous le rejetez, rejetant aussi toute la charge d’émotion qui l’accompagne. Moi aussi, j’ai dans un tiroir, tous ces objets confectionnés par mes filles à l’école maternelle à l’occasion de la fête des Pères notamment.
On ne peut pas dire que les boites à camembert, les coffrets confectionnés à l’aide de bâtons de glace, les galets peints, soient d’une grande qualité artistique, mais ces objets viennent de MES filles. Au moment où la petite horloge de la Vie fait son œuvre pour ce qui concerne les parents, alors qu’elles ont quitté la maison familiale pour faire leur chemin, ces objets sont pour moi chargés d’émotion.
Chaque objet offert, dans quelque circonstance, renvoie à une période, un évènement, un souvenir…Une émotion ! Et l’objet le plus futile a la capacité de réunir à lui seul ces moments.
Alors je n’ai aucun respect pour ces profiteurs à la conduite déplacée, qui ne reculent devant aucun obstacle d’ordre moral puisqu’ils n’en ont pas.
Pour conclure, certains penseront que "c’est dans l’air du temps, il faut s’adapter"! Ce à quoi je réponds que la décadence de la société se poursuit inexorablement et que l’Amour ne se monnaye pas.
Alain Nivet
Bellepierre


