Le budget 2026 est voté, pas de coup de rabot sur les crédits Outre-mer

Après le rejet de deux nouvelles motions de censure, le projet de loi de finances a été définitivement adopté lundi 2 février. Avant le passage devant le Conseil constitutionnel, les crédits de la mission Outre-mer sont fixés à 3,3 milliards d’euros en crédits de paiement et l’amendement de Stéphane Fouassin sur la taxation sur le rhum est adopté.
Le feuilleton du budget 2026 de la France est terminé. Imposé par 49.3, le projet de loi de finances a été définitivement fixé lundi 2 février, après les rejets des motions de censure déposées par LFI et le RN. Cette longue séquence de politique intérieure aura causé d’importants dommages dans les rangs de la gauche : la présidente du groupe LFI à l’Assemblée Mathilde Panot a confirmé la fracture avec le PS avant les municipales, tandis que les Écologistes semblent au bord de l’implosion après une pétition de cadres et de militants dénonçant le rapprochement entre les Verts et le PS.
Comme le relèvent nos confrères du Quotidien ce mardi 3 février, le gouvernement de Sébastien Lecornu est revenu sur son intention d’appliquer un coup de rabot sur les exonérations de charges sociales patronales et sur l’aide fiscale à l’investissement en Outre-mer. Les crédits de la mission Outre-mer sont fixés à 3,3 milliards d’euros en crédits de paiement et bénéficient notamment des investissements engagés à Mayotte et en Nouvelle-Calédonie, deux territoires en crise structurelle affectés par de fortes pressions sociales.
Dans l’attente de l’examen du budget 2026 par le Conseil constitutionnel, l’amendement de Stéphane Fouassin sur la taxation sur le rhum est adopté en l’état. Dans Le Quotidien, le président de La réunion des Rhums Teddy Boyer qualifie de « décisive » l’étape du Conseil constitutionnel, en fondant l’espoir que le fait que cette taxation ne soit pas appliquée aux Antilles occasionne un rejet de l’amendement.
Le permis de conduire financé par le CPF, c'est fini
Parmi les mesures phares de ce budget 2026 figure la généralisation du repas à 1 euro pour les étudiants, une disposition reprise par le gouvernement dans le cadre de son accord avec le PS et qui a imposé une hausse du budget des universités, sans que cela n’efface les doutes sur leur capacité financière à assumer cette dépense.
La revalorisation basée sur l’inflation de l’APL est aussi confirmée, les étudiants étrangers non-boursiers ne pouvant désormais plus en bénéficier. À noter aussi la disparition de la possibilité de financer le permis de conduire avec son CPF, ainsi que celle de l’aide de 500 euros octroyée aux apprentis pour leurs coûts d’auto-école.
En matière de voitures neuves, le barème du malus auto est maintenu pour 2026 et 2027, mais cessera de croître en 2028. Le gouvernement met en place à partir du 1er mars une taxe de 2 euros sur les colis d’une valeur inférieur à 150 euros pour contrer les plateformes de commerce asiatiques. Un droit de douane forfaitaire de 3 euros par colis devrait entrer en vigueur en juillet dans l’Union européenne.
Déjà jugée peu efficace, la surtaxe sur les grandes entreprises est encore affaiblie, avec 300 entreprises concernées dans le budget 2026, contre 440 l’an dernier.


