Le billet d’humeur de Mohamed Aït-Aarab : "Silence, on tue !"

Lundi 8 juillet. Des missiles russes frappent le plus grand hôpital pour enfants d’Ukraine. Bilan … provisoire : 30 morts !
Moscou affirme avoir visé et touché des installations militaires.
Mardi 9 juillet. Des missiles israéliens tuent au moins 29 personnes, principalement des enfants qui jouaient au football dans la cour d’une école.
L’état-major de l’état hébreu dit avoir visé « un terroriste de la branche armée du Hamas ».
Deux régions en guerre. Et la même barbarie. Les mêmes justifications improbables, révoltantes. Les mêmes explications avancées trop systématiquement pour être encore crédibles.
Poutine et Netanyahou mènent une guerre d’extermination auxquels Ukrainiens et Palestiniens ne peuvent échapper, dans les logiques poutinienne et netanyahounienne, que par une soumission totale aux deux génocidaires en chef.
Et si le mot génocide vous choque, relisons ensemble l’article II de la Convention onusienne pour la prévention et la répression du crime de génocide :
« Le génocide s'entend de l'un quelconque des actes ci-après, commis dans l'intention de détruire, ou tout ou en partie, un groupe national, ethnique, racial ou religieux, comme tel :
a) meurtre de membres du groupe ;
b) atteinte grave à l'intégrité physique ou mentale de membres du groupe ;
c) soumission intentionnelle du groupe à des conditions d'existence devant entraîner sa destruction physique totale ou partielle ;
d) mesures visant à entraver les naissances au sein du groupe ;
e) transfert forcé d'enfants du groupe à un autre groupe. »
Selon le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme (HCDH), plus de 30.000 victimes civiles sont à déplorer en Ukraine entre février 2022 et janvier 2024. 1680 attaques russes (documentées par l’Organisation mondiale de la Santé) ont visé des infrastructures de santé.
En mars 2024, l’O.N.U. révélait, grâce à un travail de vérification des dommages par satellite, que plus de 80 % des écoles gazaouies avaient subi des dommages plus ou moins importants à leurs bâtiments. Bâtiments scolaires souvent utilisés comme abris par les personnes déplacées.
Pendant ce temps, l’Iran, la Corée du Nord et la Chine continuent de fournir en armes de toutes natures le régime russe tandis que les Européens procrastinent.
Pendant ce temps, l’extrême-droite israélienne, à l’image du ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben-Gvir, appelle à l’élimination totale des Palestiniens.
Des enfants meurent à Kiev et à Gaza, et, comme l’a dit le journaliste Pierre Haski, le monde regarde ailleurs.
PS : Ce billet n’est nullement une prise de position pro-Hamas, ni une quelconque tribune antisémite. Ce qui s’est passé le 7 octobre 2023 reste un acte abject que nul être doué de raison ne peut cautionner. Les Israéliens soucieux d’une paix juste et durable et qui manifestent chaque samedi contre les fascistes au pouvoir dans leur pays sont mes frères et mes sœurs en humanité.


