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Le billet d'humeur de Mohamed Aït-Aarab : "Porté disparu"

Ecrit par N.P. – le dimanche 5 janvier 2025 à 09H25

Découvrez le billet d'humeur de Mohamed Aït-Aarab.

Il y a à peine six mois, les médias, les politiques, les citoyens, célébraient en chœur l’avènement d’une France où le para-sport avait enfin droit de cité.

Une fois l’euphorie olympique retombée, que reste-t-il ?

Rien ! Walou ! Nada !

Il suffit, comme l’a signalé la journaliste de France Inter, Clara Lecocq-Reale, de feuilleter le Livre officiel de Paris 2024 pour se convaincre que l’inclusivité tant promise n’est pas pour demain. Ni même pour après-demain !

« Il faut que tout change pour que rien ne change », dit Tancrède dans Le Guépard, roman de l’écrivain italien Lampedusa. En d’autres termes, la politique, telle que l’entendent aujourd’hui nos gouvernants, est l’art de faire semblant d’agir, l’essentiel étant de communiquer. D’être omniprésent dans les médias, les réseaux dits sociaux. Jusqu’au prochain sujet brûlant d’actualité qui leur donnera à nouveau l’occasion de faire semblant d’avoir prise sur les événements.

Que reste-t-il des Jeux paralympiques 2024 ?

Où en est, par exemple, le PRISME ( Pôle de référence Inclusif  Sportif  Métropolitain) de Bobigny, « nouveau hub handisport unique en Europe », comme l’écrit la communication du département de Seine-Saint-Denis ? Son ouverture, initialement prévue pour 2023, avait été reportée à la fin 2024. Elle est maintenant annoncée pour 2025.

Les promesses n’engagent que ceux qui y croient (refrain connu).

Et pour se rendre sur son lieu d’entraînement, il faut pouvoir se déplacer. Où en est-on de l’accessibilité des transports en commun ?

Dans le métro de Barcelone mis en service en 1924, 82% des stations sont accessibles aux personnes en situation de handicap. À Los Angeles et Washington, 100% des stations sont accessibles. À Paris, une seule ligne de métro (sur 16) est entièrement adaptée aux personnes à mobilité réduite. Et ce malgré la loi du 11 février 2005 qui prévoit une accessibilité totale des transports en commun et des bâtiments accueillant du public.

Et pour pouvoir pratiquer son sport, il faut des entraîneurs qualifiés. Or seuls 2% des clubs en France peuvent accueillir des para-sportifs.

Et je ne parle même pas de la couverture médiatique des compétitions. Hormis le quotidien L’Équipe qui, dans son édition du 26 décembre, met à la une les para-cyclistes Marie Patouillet et Alexandre Léauté, il semblerait que tous les athlètes aient pris leur retraite au soir du 8 septembre, après la cérémonie de clôture.

Alors si je ne devais faire qu’un seul vœu en ce début d’année 2025, ce serait de donner davantage de visibilité au para-sport et aux athlètes. Car au-delà des compétitions, il s’agit d’engager un cercle vertueux pour toutes les personnes – sportives ou non - en situation de handicap. En matière de transport, de travail, de vie sociale, d’accès à la formation, à la culture.

C’est à ce prix que nous pourrons dire que les Jeux Paralympiques de Paris 2024 ont été une réussite totale.

Lire aussi : Le billet d'humeur de Mohamed Aït-Aarab : "un président ne devrait pas dire çà"

Etiquettes : Mohamed Aït-Aarab

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