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Le billet d'humeur de Mohamed Aït-Aarab : "L’inclusion, il ne faut pas que ce soit du pipeau !"

Ecrit par Mohamed Aït-Aarab – le jeudi 28 mai 2026 à 06H45

La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion. » Certes, l’article 1er de la Constitution de 1958 ne fait pas mention explicite des concitoyens en situation de handicap. Mais les constituants ont défini l’égalité en droit de tous, sans distinction, comme le fondement de l’ordre social.

Il faut attendre 2005 et la « Loi pour l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées » pour qu’enfin le handicap soit reconnu comme une « restriction de participation à la vie en société ». Cette loi marque véritablement un tournant dans la mesure où la personne en situation de handicap n’est plus prise « en charge », mais « en compte ». Ce changement lexical n’est pas anodin : il signifie que les hommes et les femmes en situation de handicap ont des droits. Et la société se doit de les respecter.

Un an plus tard, la Convention internationale relative aux droits des personnes handicapées, invite les pays signataires, dont la France, à mettre tout en œuvre pour permettre une intégration réelle.

Enfin, l’article 13 du traité de Lisbonne contraint tous les États membres de l’Union européenne à « prendre les mesures nécessaires en vue de combattre toute discrimination fondée sur […] un handicap ».

Nous savons, depuis feu Charles Pasqua, que les promesses n’engagent que ceux qui y croient. Et nous savons également qu’un texte de loi peut rester lettre morte si les citoyens, la société civile, ne s’emparent pas du sujet.

La question du handicap est trop grave pour que la société continue de faire semblant.

Faire semblant de s’en préoccuper.

Faire semblant d’intégrer.

Faire semblant d’aménager.

Or, jusqu’à présent, en France on a beaucoup fait semblant.

Le taux d’emploi des personnes en situation de handicap, quel qu’il soit – physique ou psychique - est de 39%. Contre 68 % pour l’ensemble de la population. Autrement dit, 6 personnes handicapées sur 10 sont en situation de travailler, mais ne trouvent pas d’emploi.

Or, depuis 1987, la loi oblige toute entreprise d'au moins 20 salariés à employer des salariés en situation de handicap dans une proportion de 6 % de son effectif. C’est ce que l’on appelle l’obligation d'emploi des travailleurs handicapés (OETH)

6% : le chiffre est bien modeste !

Et pourtant, ce n’est qu’en 2026 que la fonction publique atteint péniblement cet objectif. Aujourd’hui, les personnes en situation de handicap représentent 6,36% des fonctionnaires.

Quant au secteur privé, il emploie 5,1% de travailleurs handicapés.

Les textes de loi existent. Les dispositifs d’insertion professionnelle sont en place. Ne manque que la volonté politique de l’ensemble de la société, des élus comme des acteurs économiques, de les appliquer.

Qu’attendons-nous ?

Lire aussi : Le billet d'humeur de Mohamed Aït-Aarab : "Républicain !"

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