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Le billet d'humeur de Mohamed Aït-Aarab : "l'attaque de la diligence"

Ecrit par N.P. – le vendredi 9 janvier 2026 à 08H19

Découvrez le nouveau billet d'humeur de Mohamed Aït-Aarab :

Les cambrioleurs du musée de Louvre sont des gagne-petits en comparaison du braquage que vient de faire Donald “Jesse James” Trump. Le parrain de Mar-a-Lago vient de mettre la main sur les premières réserves mondiales de pétrole.

Il ne s’agit en aucun cas de minimiser la brutalité et la corruption de Nicolas Maduro et du régime qu’il avait mis en place après avoir succédé à Hugo Chavez (qui n’était pas non plus un enfant de chœur ; mais c’est une autre histoire dont les États-Unis d’Amérique étaient également partie prenante et qu’il faudra sans doute raconter un jour).

Ce qui est intéressant dans l’épisode vénézuélien actuel, c’est que contrairement à une habitude passée, les U.S.A. n’avancent pas masqués. Souvenez-nous : en Irak, en Lybie, en Syrie, en Afghanistan, et ailleurs, leurs interventions affichaient toujours le noble prétexte de l’instauration de la démocratie.

Avec Trump, les choses sont claires. Pas de baratin “droit-de-l’hommiste”. Ce qui l’intéresse c’est le pognon, le flouze, le fric, le grisbi, la thune, l’oseille… Pour lui et pour ses potes des multinationales pétrolières étazuniennes. Les droits de l’homme, la démocratie, le respect des traités internationaux, ça lui en touche une sans faire bouger l'autre, comme le disait le regretté Jacques Chirac.

Les dictateurs, Trump s’en accommodent d’ailleurs parfaitement, du moment qu’ils font là où Donald leur dit de faire. Preuve en est que, dès son investiture en janvier 2025, le locataire de la Maison-Blanche s’est hâté de gracier un grand et vrai narcotrafiquant, le ci-devant Juan Orlando Hernandez, ex-président du Honduras, condamné par la justice étazunienne à 45 ans de prison. Ce grand humaniste, tout aussi brutal et corrompu que Maduro, avait, pendant des années, inondé les U.S.A. de centaines et de centaines de tonnes de cocaïne. Aujourd’hui, il a fait pénitence, remercié son grand ami Trump. Que celui qui n’a jamais péché lui jette la première pierre !

Mais revenons au Venezuela. Jusqu’aux années 1960, les majors pétrolières américaines (ExxonMobil, Shell, Chevron, etc.) ont réalisé des profits colossaux dans le pays. La roue commence à tourner en 1976 : sous la présidence de Carlos Andrès Pérez, la nationalisation de l’industrie pétrolière vénézuélienne est décidée.

Or, Trump a toujours considéré cette nationalisation comme un vol et, dans sa logique prédatrice, il récupère aujourd’hui ce qui lui appartient.

Les réserves prouvées de pétrole brut du Venezuela s’élèvent à 303 221 millions de barils (chiffres de 2024). À titre de comparaison, les réserves saoudiennes sont estimées à 267 200 millions de barils.

Les profits de l’Aramco (Arabian Americain Oil Company), entreprise pétrolière publique contrôlée par l'État saoudien, ont atteint, ces dernières années, 100 à 150 milliards de dollars par an.

C’est ce que pourrait rapporter aux amis de Trump l’attaque de la diligence vénézuélienne.

Voilà une année qui commence sous d’heureuses auspices pour Wall Street !

Etiquettes : Mohamed Aït-Aarab

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