Le billet d'humeur de Mohamed Aït-Aarab : "P.P.P. (Partenariat Public Privé) : la grande arnaque"

J’y ai appris des choses étonnantes. Et édifiantes !
Le réseau ADSL dont la mort est programmée doit laisser la place à la fibre. Telle est l’ambition de nos gouvernants qui, au printemps 2013, avaient lancé le plan « France Très Haut Débit ». Objectif, selon le très officiel site gouvernement.fr, « donner à la France des infrastructures numériques de pointe ». Avec à la clé un investissement de 20 milliards d’euros.
Magnifique ! Nous allons tous devenir des citoyens 3.0 !
Sauf que ce projet - lancé sous forme de Partenariat Public Privé - est loin de satisfaire les contribuables/consommateurs/internautes.
Saviez-vous par exemple, que toute l’installation (des millions de kilomètres de câbles, enterrés ou aériens) jusqu’à la porte de votre domicile est entièrement financée par des fonds publics. En d’autres termes par les impôts des Français.
Mais ensuite place est laissée aux fournisseurs d’accès (Bouygues, Free, Orange, SFR…) qui ont pour mission de connecter les derniers mètres, autrement dit de raccorder votre maison, votre immeuble, votre appartement au réseau.
Et c’est là que les ennuis commencent.
Pour maximiser les profits, les fournisseurs d’accès, plutôt que de recourir à des entreprises hautement qualifiées (donc plus coûteuses), font appel à des auto-entrepreneurs dont les compétences techniques sont pour le moins… approximatives. Murs percés de toutes parts, armoires de branchement saccagées, etc.
Résultat : un réseau neuf et payé par le contribuable fragilisé par les interventions “gros doigts” de pseudo-techniciens.
Les dérives des P.P.P. sont multiples : fiasco financier du centre hospitalier sud-francilien construit à Corbeil-Essonnes ; déficit prévu en 2023 de 300 millions d’euros pour Autolib’ à Paris ; factures finales multipliées par trois ou quatre pour les universités qui ont délégué à des entreprises privées la conception, la construction, la rénovation ou l’entretien de leurs bâtiments, etc.
La meilleure conclusion à ce qui n’est rien d’autre que l’abandon par l’État de son pouvoir de décision et d’action (pour le plus grand profit financier d’entreprises qui ont nom Bolloré, Eiffage, Bouygues, Vinci…) est à lire sur le site de RTL : « après les autoroutes, les lignes TGV et la construction de ministères, [preuve est faite] que les fameux PPP (Partenariat Public Privé) sont des outils que les pouvoirs publics ne savent ni négocier, ni maîtriser. Au détriment du contribuable ».
Autrement dit : face, le privé gagne ; pile, le public perd !


