L’Arcom cible cinq nouveaux sites porno pour défaut de vérification d’âge

Cinq sites pornographiques parmi les plus fréquentés en France sont dans le viseur de l’Arcom. L’autorité leur reproche de ne pas avoir mis en place de système de vérification d’âge conforme à la loi SREN de 2024. Objectif : empêcher l’accès des mineurs, sans compromettre l’anonymat des adultes.
L’Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique (Arcom) a adressé, début juin 2025, des lettres d’observations à cinq sites pornographiques accessibles en France. Les plateformes visées – Xnxx, Xvideos, Xhamster, Xhamsterlive et Tnaflix – sont accusées de ne pas avoir mis en place de système de vérification d’âge conforme à la loi SREN du 21 mai 2024. Cette dernière oblige désormais tous les éditeurs de contenus pornographiques à prouver que leurs visiteurs sont majeurs sans compromettre leur identité.
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Ces rappels à l’ordre ne sont qu’une première étape. En cas de non-conformité persistante, l’Arcom pourra ordonner le blocage des sites par les fournisseurs d’accès à Internet, exiger leur déréférencement sur les moteurs de recherche et infliger des sanctions pécuniaires.
L'ARCOM a des exigences claires et encadrées
Depuis octobre 2024, les plateformes doivent se conformer à un référentiel technique validé par la CNIL, garantissant un "double anonymat" : la majorité est prouvée sans que l'identité soit révélée. Les éditeurs doivent ainsi exiger, au minimum, l’envoi d’un justificatif d’identité ou d’une photo, tout en assurant la confidentialité des données transmises.
Pour les plateformes défaillantes, principalement établies à Chypre ou en République tchèque, l’Arcom a notifié parallèlement les autorités nationales de leurs pays, conformément aux engagements européens de la France.
Une mesure saluée, un groupe qui fait exception
Cette action de l’Arcom s’inscrit dans une démarche progressive. En avril déjà, Pornovore et Chaturbate avaient été formellement mis en demeure. Ces sites avaient alors 15 jours pour se conformer à la réglementation, sous peine de sanctions.
Mais tous les géants du X n’ont pas attendu le couperet. Le groupe Aylo, propriétaire de Pornhub, Redtube et Youporn, a pris les devants en rendant ses sites inaccessibles en France dès le mois de juin. Une décision présentée comme une forme de protestation face aux nouvelles exigences françaises.
Des enjeux de santé publique et de protection des mineurs
Le renforcement du contrôle parental est motivé par des chiffres alarmants : 2,3 millions de mineurs se rendraient chaque mois sur des sites pornographiques, selon une étude de l’Arcom. Cela représente près de 40 % des enfants en France. L’accès massif à ces contenus soulève d’importants enjeux de santé psychique, d’éducation et de rapport à la sexualité chez les plus jeunes.
Le gouvernement souhaite désormais étendre cette vigilance à l’échelle européenne. Depuis le 7 juin, l’Arcom est compétente pour contrôler la conformité de plateformes établies dans d’autres pays de l’Union. Un arrêté de mars 2025 a d’ailleurs listé 17 sites susceptibles d’être bloqués si les obligations ne sont pas respectées.
L’action de l’Arcom marque un tournant dans la lutte contre l’exposition des mineurs à la pornographie. Longtemps impuissantes face aux géants du X hébergés à l’étranger, les autorités françaises disposent enfin d’un levier légal et technique pour agir.
Reste à voir si les menaces et ces mesures seront efficaces. Depuis le 4 juin et le blocage des premiers sites pornographiques en France, les services de VPN, permettant de se connecter depuis l'étranger, ont connu une augmentation globale de 334% d'abonnements.
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