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"L'administration préfectorale stigmatise et dénigre la société réunionnaise"

L'Union des Femmes Réunionnaises (UFR) reproche à l'administration préfectorale d'avoir "défendu une vision stéréotypée et rétrograde des femmes réunionnaises" le 8 mars dernier.
Ecrit par N.P. – le mardi 12 mars 2024 à 17H14
Evelyne Corbière et Huguette Bello (photo d'archives)

Le communiqué :

Vendredi 8 mars, journée internationale pour les droits des femmes, madame Sylvie Guillery, Directrice régionale aux droits des femmes et à l'égalité était l’invitée de la matinale de Réunion 1ère.

Durant son interview, la représentante de l'administration préfectorale a défendu une vision stéréotypée et rétrograde des femmes réunionnaises. En effet elle a notamment repris à son compte des propos du Journal de l’île du jour indiquant : “le combat pour les droits des femmes est plus difficile à La Réunion”, “la femme reste bridée par une société créole particulièrement inégalitaire”, “une société où persiste de forts marqueurs culturels et des clichés” allant même jusqu’à parler de “transmission intergénérationnelle des phénomènes de violence”.

L’UFR s’indigne face à de tels propos qui consistent à renvoyer des phénomènes sociétaux, issus de l’organisation patriarcale de notre société, à une lecture purement culturelle. Cela revient à considérer notre territoire comme “en retard” vis à vis de la situation en hexagone.

Et pourtant, nous le savons, nous femmes de l’UFR, en première ligne dans la longue lutte féministe de notre île que les principales sources responsables des inégalités et des violences, sont des explications économiques et politiques.

Les femmes réunionnaises sont particulièrement courageuses et déterminées et ont déjà montré par leur histoire en 300 ans comment elles savaient se structurer et résister ensemble. Elles ont mené des batailles d’avant-garde sur le droit à la contraception et la lutte pour l’égalité réelle.

S’appuyant sur des données de l’INSEE au sujet des inégalités femmes-hommes, la Directrice régionale aux droits des femmes et à l'égalité a omis de préciser que, si nous avons un nombre de plaintes quotidiennes pour des faits de violence sur les femmes supérieur à celui de l’hexagone c’est également car nous bénéficions de la situation de notre petit territoire.

En effet, le nombre de plaintes plus important sur notre territoire en comparaison à l’hexagone s’explique notamment par le nombre de commissariats par km2 plus élevé sur l’île : il apparaît inapproprié voire fallacieux de comparer deux situations dès lors incomparables.

Comme Danyel Waro le dit dans sa chanson “Tinn Tout’” “Bana la ni mézir mon mizèr, mèt nivo. La di mon vilin, vilin manièr lé an géto.”

Il serait salutaire que l’administration préfectorale ne renvoie pas la situation dess femmes de notre île à des considérations anthropologiques tendancieuses dignes des propos de « déchets de l’humanité » issus de “Tristes tropiques” de Claude Lévi Strauss.

L'Union des Femmes Réunionnaises

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