"Laboratoire" emblématique de la BD réunionnaise, Le Cri du Margouillat fête ses quarante ans

Né en 1986 au lycée du Butor à Saint-Denis, le fanzine Le Cri du Margouillat fête ses quarante ans ce samedi 21 mars. Des expos, deux ouvrages inédits et des concerts dessinés sont prévus pour l’occasion à la Cité des Arts.
Avaient-ils imaginé se retrouver quarante ans plus tard pour célébrer un tel anniversaire ? Sans doute pas. Lorsqu’ils lancent, en 1986, le premier exemplaire d’un fanzine à La Réunion, ils n’étaient encore qu’une poignée de lycéens du Butor et d'étudiants dionysiens à rêver de devenir un jour des auteurs de BD.

Mais, poussés par leurs mentors, l’enseignant Boby Antoir et le dessinateur déjà expérimenté Michel Faure, les jeunes fondateurs du Cri du Margouillat vont prendre goût à l’aventure, au point de devenir pour certains d’entre eux des talents reconnus du 9e Art. Téhem, Appollo, Li-An, Huo-Chao-Si, autant de noms qui ont permis de placer La Réunion sur la carte du monde de la bande dessinée.
« Au début c’était très amateur, et puis avec les années nous avons grandi, et la revue aussi, pour devenir au fil des années beaucoup plus professionnelle et de meilleure qualité » retrace Appollo, scénariste et rédacteur en chef du Cri du Margouillat.
"Un lieu d’expérimentation"
Toujours debout quarante ans plus tard, le Cri du Margouillat devenu « l’une des dernières revues de bande dessinée à paraître encore en France avec Fluide Glacial et le Journal de Spirou », selon Appollo, continue de permettre à de nouvelles générations d’auteurs de se faire la main, de trouver un terrain d’expression, voire de publier un premier album grâce aux éditions Centre du Monde, prolongement éditorial du magazine.
« Une revue, c’est un laboratoire, un lieu d’expérimentation, le lieu où les gens font leurs premières armes, ils essayent, ils réussissent ou ils échouent », rappelle le scénariste de La grippe coloniale, Vin Désanm ou, dernièrement, d'un album hommage à Lucky Luke.

La fête à la Cité des Arts
Natacha Eloy, Anjale, Edwina Leclerc… Dans le sillage de ces glorieux anciens, une nouvelle génération d’auteurs et d’autrices a ainsi pu voir le jour, perpétuant ainsi une tradition bien ancrée à La Réunion de l’illustration, de Roussin à Potémont en passant par Maydell Legras.
Pour célébrer dignement cet anniversaire, plusieurs événements sont prévus ce samedi 21 mars à la Cité des Arts, en lien avec le festival ami Rock à La Buse. Des expos, une braderie BD, des concerts dessinés, des séances de dédicace mais aussi la sortie de deux ouvrages collectors, édités par Centre du Monde.

Deux livres et Anouck Ricard en guest-star
Un recueil des affiches du festival Rock à La Buse, dessinées par les membres de la revue, et l’album collectif « Le margouillat et les letchis de Patagonie », dans lequel 40 auteurs du Margouillat revisitent à leur manière quarante couvertures de classiques de la bande dessinée.
Un week-end de fête, avec quelques invités extérieurs comme les auteurs sud-africains de Bittercomix, Christophe Gaultier, ou le Grand Prix 2025 du festival de la BD d’Angoulême, Anouck Ricard, qui a d’ailleurs dessiné l’affiche de cette 20e édition de Rock à la Buse.

« J’espère que le Cri du Margouillat va continuer quarante ans de plus », conclut Appollo, « que la BD réunionnaise va rester aussi dynamique qu’elle l’est depuis quarante ans et que de nouveaux jeunes auteurs viendront nous mettre au placard, continuer cette grande œuvre et que le 9e art soit toujours le fer de lance de la création graphique à La Réunion. »
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