La souffrance des professionnels du social

Je vais vous conter un des dessous du secteur social que le public ne soupçonne pas.
Comment peut-on imaginer des travailleurs sociaux accompagner un public en souffrance lorsque les professionnels sont eux-même en souffrance en raison d' une hiérarchie maltraitante ?
Un certain ( sans doute de nombreux) service social d'une association dans le sud de l'île œuvre pour les personnes en difficulté. Une mission importante et louable. Ah le social ! A la tête de ce service, une équipe de direction. Le/la directeur-rice compétent-e me laisse pantois lorsque je sais que sa confiance se porte sur cet-te professionnel-le de sa haute sphère directionnelle, qui malgré les alertes de certains professionnels, sévit (et a sévi ailleurs) dans le service au gré de ses humeurs massacrantes.
C'est en tant que partenaire social que je me suis interrogé lors d'une réunion de reflexion avec ladite personne. Des réflexions indécentes, des "putin" qui fusent discrètement mais qui s'entendent, un énervement ou agacement rapide, en somme aucun filtre. Des questions se posent lorsque l'on sait que ce professionnel exerce dans le social. Connu-e pour son caractère fort, j'apprends alors que des professionnels se plaignent et des partenaires ne souhaitent plus travailler non pas avec le service mais avec cette personne. Imaginant ce service avec cette personne et les difficultés existantes du social (manque de moyen, surcharge de travail etc) je n'ose imaginer la souffrance de certains de ces professionnels de terrain qui chaque jour font un travail extraordinaire avec les personnes qu'ils accompagnent.
Cela me fend le cœur de voir cela. Je suis heureux de bientôt quitter ce domaine avec ma retraite qui approche. Les temps changent, hélas dans le mauvais sens avec des petites reines et des petits rois en quête de pouvoir, avec des personnes en quête de puissance, des personnes se croyant tout permis, des personnes qui ont oublié l'essence même du social. Voilà à quoi peut ressembler certains établissements du social, où souvent la maltraitance n'est pas envers les usagers mais envers ceux qui sont en première ligne, les travailleurs sociaux.
En espérant que ce courrier sera lu, le/la directeur-rice ( et ceux se sentant concernés) prendra ou pas conscience que le management et le bien-être des salariés est tout aussi important qu'une bonne maîtrise des dossiers du service ou de demandes de subvention.


