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La Saint-Valentin, entre fête commerciale et injonction sociétale

Peut-on rompre avec la sacro-sainte célébration de la Saint-Valentin ? La fête des amoureux, dont l'origine demeure sujette à controverse historique, s'impose souvent au couple comme une figure imposée du sentiment amoureux.
Ecrit par N.P. – le mercredi 14 février 2024 à 06H23

Doit-on obligatoirement offrir quelque chose à la personne qu'on aime le 14 février de chaque année ? Et si oui, pourquoi ? La question taraude les plus réfractaires à la Saint-Valentin, cette fête romantique pour les uns, cette intention dévoyée pour les autres.

« J'ai toujours eu des compagnes avec lesquelles nous étions en accord avec le fait que la Saint-Valentin était une fête commerciale et qu'on n'avait pas besoin d'attendre un jour particulier pour avoir une attention l'un pour l'autre », explique Thierry. Ce quinquagénaire volubile et rieur observe néanmoins la pression sociale qui s'exerce sur un homme à l'approche de la date fatidique.

« Lorsque j'étais marié, il n'y avait pas d'attente particulière à ce sujet, mais pour autant, pour ne pas passer pour un mufle, je faisais attention à avoir une rose. Elle ne m'offrait rien, car elle connaissait mon point de vue. Mais j'offrais des fleurs à ma femme chaque vendredi, simplement parce que je savais qu'elles les aimaient. Mais on a beau être pour ou contre la Saint-Valentin, on n'a pas le choix : la société nous l'impose. C'est toute la difficulté », témoigne Thierry.

L'ancien militaire se souvient avoir commandé des bouquets au fleuriste en bas de chez lui, dans le quartier du Marais à Paris, pour les faire offrir à sa compagne d'alors, lorsqu'il savait qu'il serait retenu en mission à la date fatidique du 14 février. « Parce que la femme qui n'aura rien eu se sentira forcément à l'écart », explique-t-il.

« On est un peu oppressé parce que c'est ultra-médiatisé et effectivement, les gens qui n'ont rien fait peuvent se sentir mal à l'aise. Aujourd'hui, il y a une vraie question vis-à-vis de l'égalité de Saint-Valentin dans le couple », avance notre témoin, actuellement célibataire. « Même si on entre dans une société qui est presque non genrée, qui veut se débarrasser de ses carcans, à la Saint-Valentin, ce sont les hommes qui sont attendus, alors que les femmes sont dans l'attente. Finalement, c'est nous qui avons la pression et les reproches. Tu aurais toujours une réflexion te disant : tu aurais au moins pu m'acheter une rose ».

Thierry estime que derrière chaque cadeau se cache une signification, pas forcément bien mesurée ou interprétée par la personne qui l'offre. « Si je faisais la Saint-Valentin, ce serait avec l'intention de faire quelque chose qui me différencie de la routine. C'est compliqué, parce que les femmes veulent qu'on leur montre de l'affection ce jour-là, mais elles attendent une touche d'originalité, parce que le lendemain, elles vont en discuter avec leurs copines et comparer les cadeaux qu'elles ont reçus », assume-t-il, en pestant une nouvelle fois contre cette « fête commerciale ». Un comble pour cet « acheteur compulsif », qui avoue dépenser sans compter lorsqu'il offre un cadeau à son ancienne épouse.

Etiquettes : Saint-Valentin

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