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La richesse ne se partage pas...

Ecrit par Omarie – le dimanche 23 février 2025 à 07H01

- Courrier des lecteurs -

Nous vivons dans un monde dominé par un capitalisme débridé qui n'a qu'un but, le profit et qui n'obéit qu'à une seule loi, la loi du marché, source d'enrichissement pour les 10% de terriens qui détiennent 83% de la richesse mondiale. Ce système pernicieux fabrique la pauvreté par le pillage des ressources de la planète et l'exploitation d'une main-d'œuvre à bon marché à travers le monde. Il agrandit les écarts de croissance entre les pays riches et les pays pauvres ou en voie de développement, contribuant aux inégalités entre les populations. Dans les pays dits développés, les disparités et les différences de niveau de vie s'accentuent, entraînant des formes de cloisonnement et des risques de fracture au sein de sociétés où l'individualisme prime sur le collectif. Les riches avec les riches. Les pauvres avec les pauvres. La richesse ne se partage pas ; la misère, oui.

En France, dix millions de personnes vivent sous le seuil de pauvreté. Parmi elles, il y a beaucoup d'étudiants. Selon l'association d'entraide alimentaire Linkkee, huit étudiants sur dix vivent avec moins de 100 euros par mois une fois leurs charges payées. L'association affirme avoir distribué 4 millions de repas aux étudiants en 2024. Au rang des pauvres, s'ajoutent de nombreux retraités et de plus en plus de travailleurs en situation précaire. Il est dit souvent qu' "il faut travailler pour gagner sa vie". Quelle vie pour ceux qui, avec un travail, gagnent à peine de quoi survivre ? A quoi ressemble une vie de retraités avec des pensions à hauteur de minimas sociaux ? Quel avenir pour des jeunes qui cumulent des stages ou des contrats précaires sans garantie d'accéder à un emploi tandis que leurs aînés sont sommés de travailler plus longtemps ? Comment s'en sortir lorsque les persectives se réduisent, lorsque que tout devient inaccessible, que les prix ne cessent de grimper alors que les salaires ne bougent pas et quand le strict nécessaire devient un luxe pour un trop grand nombre de personnes ?

Ce sont autant "d'abonnés" pour les restos du cœur qui ne désemplissent pas, victimes d'un succès grandissant. Certainement le seul succès qui ne risque pas de faire de jaloux. La lutte contre la pauvreté repose essentiellement sur les associations caritatives, les volontés individuelles, qui font chacune ce qu'elles peuvent avec les moyens qu'elles ont. Cette lutte ne peut se limiter à l'humanitaire qui, malgré un engagement et une présence constante sur le terrain, ne pourra résorber une misère galopante. Elle devrait être une priorité de l'Etat et faire l'objet d'un projet sociétal basé sur les principes d'équité, de solidarité et sur une plus grande justice fiscale. 

Chez nous en France, on impose à ceux qui arrivent encore un peu à respirer qu'ils se serrent davantage la ceinture. Par contre, le seul fait d'envisager un  rétablissement de l'ISF et une taxation de superprofits des multinationales, des géants de l'industrie, pilleurs-pollueurs invétérés de la planète, c'est commettre un sacrilège. Demander à des milliardaires de "participer (un peu) à l'effort de redressement des comptes publics qu'ils ont contribué à dégrader en se jouant de  l'impôt" [...] c'est prendre le risque d'une intifada chez "les nouveaux rebelles, les parias des temps modernes, prêts à mobiliser le ban et l'arrière-ban de la finance tricolore pour échapper à la charrette des condamnés à la guillotine fiscale [...] Dès lors que la grogne monte des beaux quartiers, que les insoumis siègent au CAC 40 et que Bernard Arnault joue les Jean Valjean, la grogne a la classe qu'elle mérite." Jack Dion, Marianne

Et nous Français, avons les dirigeants que nous méritons. Toutes tendances confondues, nos élites se montrent plus soucieuses de leurs carrières respectives que de l'avenir du pays et du sort de ses citoyens. Paradoxalement, face à la cacophonie politique ambiante, un étrange silence émane du peuple. Le niveau de contestation en France semble descendu au plus bas pendant que les difficultés des Français n'ont cessé de s'accroître. Le peuple, quantité négligeable dont on se souvient uniquement à la veille d'échéances élctorales, se réveillera-t-il un jour pour se réapproprier son pouvoir et faire entendre sa voix ?

Omarie

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