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Le pape en France : un voyage sous le signe de l'espérance ou de la contradiction ?

Ecrit par Gaetan Dumuids – le jeudi 9 juillet 2026 à 06H36

« C'est moi qui fais mourir et qui fais vivre. »( Deutéronome 32, 39)

Si la loi sur l'euthanasie est définitivement adoptée, j'espère que l'Église de France prendra pleinement la mesure de ce qui est en train de se jouer.

Comment peut-on se dire attaché aux valeurs chrétiennes tout en votant une loi que l'Église condamne clairement ? Cette contradiction interpelle profondément.

Le vendredi 10 avril 2026, le président de la République a récemment rencontré le pape. 

Mais quelle cohérence y a-t-il entre ces échanges officiels et les choix politiques qui remettent en cause le caractère sacré de la vie, tel que l'enseigne l'Église ?

« France, fille aînée de l'Église, qu'as-tu fait de ton baptême ? Qu'as-tu fait de l'Évangile qui a façonné ton histoire ?

Je m'interroge également : comment les députés et les sénateurs qui auront voté en faveur de cette loi pourront-ils accueillir le pape si celui-ci vient en France ? Il y aurait là un contraste qui ne manquerait pas de susciter des questions.

Pour les catholiques, Dieu donne la vie, et nul ne devrait disposer volontairement de la mort d'un innocent. C'est une conviction fondamentale. « Avant même de te former dans le sein de ta mère, je te connaissais ; avant que tu sois sorti de son ventre, je t'avais consacré » (Jérémie 1, 5)  L'adoption de l'euthanasie marquerait une rupture majeure avec cette vision de la dignité humaine.

Le pape devra naturellement discerner lui-même l'opportunité de ce voyage. Quoi qu'il décide, beaucoup espèrent que sa parole rappellera avec force la valeur de toute vie humaine, en particulier lorsqu'elle est fragile, souffrante ou en fin de vie.

Au fond, les véritables questions sont peut-être celles-ci :

La vie est-elle réellement sacrée dans notre société ?

Quel choix de civilisation sommes-nous en train de faire ?

Quand la loi semble s'éloigner de l'Évangile, quelle est la responsabilité des chrétiens, des élus et de chacun d'entre nous ?

Quelle cohérence y a-t-il entre les valeurs que nous proclamons et les décisions que nous votons ?

Qui défendra le caractère sacré de la vie, de son commencement jusqu'à son terme naturel ?

La dignité de la personne humaine peut-elle être soumise au vote ?

Et si le pape venait en France demain, quel message trouverait-il dans notre pays ? 

- Celui d'une nation fidèle à la protection des plus fragiles, ou 

- Celui  d'une société qui redéfinit elle-même les limites de la vie ?

« C'est toi qui m'as formé les reins, tu m'as tissé dans le sein de ma mère. Je te rends grâce : je suis une créature merveilleuse. » — Psaume 139 (138), 13-14

À chacun d'y répondre, en conscience. 

Marie-Annick RAMSAMY-DUFOUR 

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