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La préférence régionale, le défi réunionnais

Ecrit par zinfos974 – le lundi 16 juin 2014 à 14H09
Depuis le 19 mars 1946, le processus de départementalisation de La Réunion a connu plusieurs évolutions. Il aura fallu attendre une trentaine d'années, pour ressentir les premières conséquences de ce changement de statut capital. On ne peut aujourd'hui nier  l'impulsion des réunionnais dans la construction de leur île. Certains pensaient alors que l'autonomie serait une étape incontournable pour garantir cet avenir prospère et la doctrine : « donne kréol travail »  trouvait un écho particulier parmi la population. L'idée était alors que le Réunionnais soit au cœur du développement de son île, en tenant compte des spécificités culturelles propres à son identité. Aujourd'hui, un constat d'échec s'impose. Aucune politique n'a su répondre dignement à l'attente des réunionnais.
 
La Réunion devrait atteindre 1 Million d'habitant avant 2030 et 35% de la population à moins de 20 ans. Nous avons une population jeune, qui est sacrifiée sur l'autel de l'inégalité. Lorsqu’un territoire souffre d'un taux de chômage chez les 18/25 ans de plus de 50%, il est indispensable de prendre en compte cette réalité et de privilégier cette tranche de la population dans le recrutement. On ne peut pas d'un côté tenir un discours de mobilité par manque de travail et d'un autre côté procéder à un recrutement extraterritorial.
 
Nous subissons une fuite des cerveaux réunionnais. Nos jeunes diplômés sont 56% à migrer, faute d'ouverture sur leur île. La mobilité proposée actuellement doit être considérée comme l'héritière du BUMIDOM, qui sous couvert de formation, expatrie les réunionnais vers un horizon sans retour. Si les jeunes réunionnais diplômés sont poussés à chercher ailleurs leur avenir, et que parallèlement nous recevons un flux d'entrée sur le marché du travail, issue pour la grande partie de la Métropole, alors il y a une incohérence. Un pays qui perd sa jeunesse est un pays qui meurt.
 
La question du retour des natifs réunionnais est au cœur de la préférence Régionale. La préférence de la production locale face aux importations également. Nous devons agir par secteur. L'éducation, la sécurité et la fonction publique territoriale, doivent être nos priorités. Les entreprises nationalisées comme EDF, France Télécom, ou tout autre organisme qui bénéficie du soutien de l'état, doivent s'aligner sur la préférence régionale.
Il nous faut des outils d'application, de surveillance, de contrôle de la mise en place de cette préférence régionale. La constitution interdit à ce jour toute discrimination, notamment sur l'origine géographique des citoyens. Pourtant, d'autres régions ont su œuvrer envers la préférence régionale. En Corse, le SNC à signer une convention avec la SNSM concernant un rééquilibrage des emplois corses. A La Réunion les syndicats doivent être des acteurs de cette préférence régionale. Avec l'appui des politiques, de la population, et d'une insurmontable envie de lutter contre cette injustice, la préférence régionale, doit être le grand défi de ce XXI ème siècle pour les réunionnais.
Partout autour de nous nous aurons à faire face à de la résistance, des réticences à laisser le réunionnais être au cœur du développement de son île. Nous ne devons pas reproduire les erreurs du passé et laisser perdurer une situation qui a des conséquences sur toutes les strates de notre société. Nous devons agir rapidement, car derrière les braises de l'injustice se cache souvent les flammes de la révolte. La Réunion mérite un avenir prospère, et cet avenir passe par l'élimination de cette inégalité.
 
RIVIERE Vincent.

 

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