La Possession : un conseil municipal électrique suite au rapport de la CRC

Élection d’un nouveau premier adjoint, étude des finances de la ZAC Moulin Joli, ainsi que deux rapports de la CRC, le dernier conseil municipal de La Possession a été plutôt agité. Les attaques de l’opposition contre la gestion de Vanessa Miranville ont occupé une grande partie des débats, qui se sont étalés jusqu’à tard ce mercredi.
Les vingt affaires présentes à l’ordre du jour du conseil municipal de ce mercredi auraient pu laisser envisager une durée des débats raisonnable. Hélas, il s’est étalé sur un peu moins de cinq heures, pour se terminer peu avant 21 h. Si l’assemblée a débuté avec un remerciement aux volontaires mobilisés pour Mayotte après le passage de Chido, la suite s’est déroulée dans une ambiance beaucoup moins bon enfant.
Un nouveau premier adjoint
L’un des premiers gros points a été l’élection d’un nouveau premier adjoint, en la personne de Christophe Dambreville. Ce dernier remplace Maxime Fromentin, qui a préféré laisser sa place, officiellement pour des raisons professionnelles et familiales.
« Encore une fois, un membre de votre majorité s’en va. Une constance dans l’inconstance de votre gestion. À quand la fin du calvaire de cette ville ? » pointe Gilles Hubert.
L’ancien premier adjoint, et aujourd’hui opposant, entreprend alors de nommer tous les départs depuis 2014. Une partie des intéressés étant présents, chacun y va de son mot pour expliquer les raisons de son départ. Une membre de la majorité dénonce, elle, les « manipulations de Gilles Hubert. Vous êtes en partie responsable de ces départs à cause de vos mensonges et promesses ».
Si certains dénoncent le fait de s’être fait remercier par message, la scène tourne à la justification collective des décisions prises par les deux parties sans que le schmilblick avance.
« On verra ce que les urnes diront quand les Possessionnais seront appelés à voter », finit par rétorquer Vanessa Miranville.
Finalement, Christophe Dambreville, seul candidat, est élu premier adjoint avec 26 voix.
Les finances de la ZAC Moulin Joli passées au peigne fin
Avec ses 120 hectares, la ZAC Moulin Joli constitue l’un des projets phares du développement de la commune depuis 1997. Désormais, la ZAC entre dans sa dernière phase de livraison. Si la CRC pointe dans son rapport un programme en déficit de 18 millions d’euros, la ville met en avant des bénéfices qui devraient atteindre 22 millions d’euros.
« C’est toujours comme ça dans ce genre de projet, on commence par sortir beaucoup d’argent avant d’en faire rentrer. Nous avons déjà des projets de vente en cours, ce qui souligne le dynamisme et l’attractivité de la zone. Au vu de la pression immobilière sur l’île, on peut difficilement penser que ces terrains ne vont pas trouver preneurs », nuance Vanessa Miranville.
D’ailleurs, l’étude du CRAC (Compte-Rendu d’Activité de Concession) a été aussi l’occasion pour Gilles Hubert de demander comment financer les dépenses, autrement que par l’emprunt.
« Ce déficit, pris en l’état, c’est une mise sous tutelle programmée de la commune », tacle l’ancien premier adjoint.
« Quand on remonte dans le temps, on voit que la dette de la ZAC a toujours oscillé entre 15 et 20 millions d’euros depuis 2014. Les cessions vont couvrir les frais, et il y aura une participation communale. Une étude de prêt est en cours pour pouvoir répondre à ce problème. L’objectif est de récupérer du patrimoine que la commune pourra faire fructifier », se défend Christophe Dambreville.
« On aurait aimé un rapport plus élogieux sur les efforts de la ville »
Les observations de la CRC ont été égrainées tout au long du conseil, et la présentation officielle des rapports a pu être relativement courte. Cependant, la majorité tend évidemment à souligner les avancées.
« Nos finances se sont améliorées, et cela se voit dans notre note par l’Agence France Locale. On a commencé avec une évualuation de 6,82 sur 7, ce qui était très limite pour continuer à obtenir des prêts auprès de l’AFL. Aujourd’hui, nous sommes à 5,29 », rappelle Vanessa Miranville, on aurait aimé un rapport plus élogieux sur les efforts de la ville ».
Si le chapitre sur la gestion du front de mer reste sévère, la majorité temporise en expliquant que des réunions doivent encore avoir lieu avec la DEAL et le Grand Port concernant l’extension de ce dernier.
« L’extension de la zone portuaire pourrait rendre la baignade impossible, donc nous ne lançons pas de travaux pour avoir ensuite un bassin où il sera interdit de se baigner. C’était un dossier complexe, comme celui de la ZAC Moulin Joli, nous le savions, mais nous avons quand même décidé de relever le défi. Même si le bassin ne peut pas se faire, l’aménagement du front de mer aura bien lieu. Une promenade, avec des lieux de restauration et qui proposera des événements culturels, comme les Rondavelles de Saint-Leu, est toujours d’actualité », nuance Vanessa Miranville.
« Vous mettez en avant les bons points, mais je note tout de même une ‘absence de maîtrise de projet’ sur ces deux dossiers que vous avez décidé de reprendre. Sur les dix recommandations, cinq sont encore non appliquées », note Philippe Robert, visiblement dubitatif devant les affirmations de la majorité.
« On est d’accord sur le fait que des points sont à améliorer, mais nous regrettons que certains éléments de réponse que nous avons fait parvenir n’aient pas convaincu la CRC pour qu’elle les inclue dans son rapport. Il y a d’ailleurs une décision qui a été votée aujourd’hui qui fait suite au rapport de 2016. Nous sommes sur la bonne voie », préfère conclure Vanessa Miranville.


