La Possession : quand la "minorité" réinvente l'opposition...

-Courrier des lecteurs-
Il fallait être présent ce matin au conseil municipal de La Possession pour savourer ce moment d'anthologie politique. Vanessa Miranville, avec le plus grand sérieux, a tenu à clarifier un point essentiel : non, elle et ses colistiers ne sont pas dans l'opposition... mais dans la "minorité".
Subtilité sémantique ou tentative de rebranding express ? Difficile à dire. Toujours est-il que derrière ce changement d'étiquette, la pratique, elle, n'a pas varié d'un iota.
Car la "minorité", ce matin, avait des airs d'opposition très classique.
La raison ? Une opposition — pardon, une "minorité" — particulièrement... entreprenante. Et surtout une Vanessa Miranville fidèle à sa réputation : interruptions répétées, prises de parole intempestives, et une tendance marquée à couper la parole au maire.
Selon la loi, c'est pourtant bien le maire qui préside la séance et dirige les débats. Encore faut-il pouvoir exercer ce rôle. Et ce matin, Erick Fontaine a eu toutes les peines du monde à conserver la maîtrise de son conseil.
À plusieurs reprises, on aurait cru assister à une séance dirigée depuis les bancs de l'opposition.
Dans ce théâtre municipal, il faut toutefois saluer une performance : celle de Erick Fontaine, resté aussi calme que possible malgré les provocations
Le conseil municipal s'est même offert quelques séquences de nostalgie, avec des tentatives à peine voilées de revisiter le bilan de l'ancienne mandature. Une sorte de service après-vente politique... dont on peine à saisir la pertinence au regard du verdict des urnes.
Pendant ce temps, Erick Fontaine, fraîchement installé dans le fauteuil de maire, posait un acte qui, lui, ne relevait pas du discours : la baisse de ses indemnités par rapport à celles pratiquées auparavant. Sobre, concret.
Au final, cette séance aura offert un curieux spectacle : une opposition très active dans l'obstruction, et un maire contraint de rappeler, parfois sans grand succès, qu'en démocratie locale, il y a un cadre... et un président de séance.
Rideau. Les Possessionnais, eux, attendent désormais autre chose que cette pièce un peu trop bruyante.


