La NRL de Didier Robert : un journal en couleurs pour nous enfumer !

La Région n’a pas assez d’argent pour aider les étudiants, les laissés-pour-compte. Mais elle en a pour pondre un magazine de 32 pages, format hebdo télé, entièrement en couleurs jus’ po pein’ nout’ gueule avec cette fichue NRL, la panacée à tous nos maux si on en croit ses thuriféraires.
Il a été distribué dans toutes les boîtes aux lettres, ce qui fait un minimum de 100 000 exemplaires. Car il n’est pas réservé aux seuls admirateurs du minable Napoléon de Moufia. Sinon, vous pensez bien qu’il n’aurait pas atterri chez moi, mmmmmhhhh ? Combien ça coûte ?
Ca débute par un machin insipide, présenté comme un jeu de questions/réponses entre l’Infatué de la Pyramide et un journaliste mal défini qui ne fait que poser les questions écrites au préalable par celui-là même qui y répond. On n’est jamais si bien servi… Article non signé, pas fou l’interviewer. D’ailleurs rien de signé dans ce gaspillage papier.
Où l’on apprend que la NRL "va mettre fin à une insécurité permanente". C’est la seule vérité de ces dizaines de pages imbuvables (mais les photos, qui ont dû leur coûter la peau des fesses, sont belles !) Pour ce qui est de mettre fin, on verra ça au prochain cyclone un peu déchaîné.
"Le tram-train était dans une impasse financière" : il parle d’or avec l’impasse dans laquelle il est en train de nous fourvoyer.
"Le projet a obtenu toutes les validations". Ah bon ? Pour les carrières polluantes aussi ? Parce que "les experts s’accordent sur cette solution comme étant la meilleure aux plans technique, financier et environnemental", qu’il dit, l’apprenti Imperator. A se demander pourquoi (on passe sur la faute de syntaxe) autant d’esprits mesquins (comme moi, entre autres) s’acharnent à dire que pour l’environnement, la flore, la faune et la santé des riverains, ce sera une cata pire que cent chikungunyas réunis ! A se demander aussi pourquoi le Conseil d’Etat y met son holà. Ils sont incompétents, au Conseil d’Etat ?
Ses réponses concernant la protection du milieu marin valent leur pesant de pistaches.
Après quoi vient le setter-aux-yeux-tristes, la Voix-de-son-maître, l’hyper marrant Dominique Fournel qui répète mot pour mot ce que son seigneur lui a dit de répéter. Soulevant en nous un fol enthousiasme, le Domi a compris tout seul "que c’était une tâche très importante" et sait "qu’une majorité de Réunionnais attendent avec impatience". Où il a pêché ça, le triste sire ? On attend de rouler en sécurité, c’est sûr, mais sur "ça" ? Voire… Pathétique, il enfile les idées reçues comme un chapelet de fausses perles, aussi efficace que lorsqu’il suivait Victoria comme son ombre.
"N’ayez crainte, le nouvel axe n’est pas prêt de bouger face aux éléments naturels", lit-on plus loin.
Je rappellerai à ces géniaux manipulateurs à la mémoire courte qu’ils feraient mieux de tirer les leçons de l’histoire plutôt que de lécher comme une sucette au fiel de volaille un vaniteux qui veut "sa" NRL !
Il y a déjà eu plusieurs ports successifs à Saint-Denis, solidement ancrés à la côte, eux, et d’une largeur impressionnante, aussi importante que les jetées du port de Saint-Pierre. On en voit encore des reliques devant la promenade du Barachois. Elles n’ont pas résisté aux houles croisées qui rôdent entre Possession et Pointe-des-Jardins. Ces houles, inoffensives en temps de paix, deviennent des chaudrons de sorcières en cas de cyclone. Rien ne leur résiste.
Qu’on cesse de m’emmerder avec les instruments modernes et les possibilités accordées par les progrès scientifiques. Le pont de la rivière Saint-Etienne s’est fait balayer comme un jeu de dominos par un cyclone mais les vieux piliers de nos gramounes, eux, sont toujours là, et bien là ! Alors, la science, hein…
Conclusion évidente, la règle d’or des politiciens est l’irresponsabilité. On veut un viaduc ; on fait les plans du viaduc ; on lance les appels d’offres ; et là, le hic, la couille, on se dit "bonsanmécébiensur : on a oublié les roches". Pour palier cette insuffisance de cervelle, on décide de démolir l’île pour trouver ces fichus galets. Comment stopper cette bande de dangereux malfaiteurs ?
Allez coucher !
Jules Bénard


