La neknomination, un jeu d'alcool 2.0 très dangereux

La "neknomination" se répand peu à peu, via les réseaux sociaux, à la Réunion.
Ce jeu absurde, qui peut s'avérer très dangereux, consiste à boire des verres d'alcool cul-sec tout en filmant la scène, puis de diffuser la vidéo sur les réseaux sociaux. Le participant, à la fin de la vidéo et une fois son défi réussi, désigne alors une ou plusieurs personnes qui sont invitées à faire de même.
Développé en Australie et au Royaume-Uni, ce jeu à boire version 2.0, que l'on peut assimiler à du "binge-drinking" (biture express, ndlr), se répand comme une trainée de poudre sur Internet et devient en vogue en métropole, et dans une moindre mesure, à La Réunion. Les pratiquants sont souvent jeunes : étudiants, lycéens voire collégiens.
La "nekmoniation" n'est pourtant pas sans conséquence sur la santé : ce jeu a déjà fait cinq morts à travers le monde en l'espace de quelques semaines. David Mété, chef du service addictologie du CHU Félix Guyon, estime ces défis sont "des pratiques spécifiques de l'adolescence". Mais, ajoute-t-il, "les jeunes ne mesurent pas forcément les risques que ces défis peuvent engendrer".
"Ces défis peuvent engendrer des accidents"
D'autant que l'aspect viral et incontrôlable des réseaux sociaux fait que la "neknomination" peut s'avérer très difficile à contrôler pour les autorités, à l'instar des apéros Facebook.
"Via les réseaux sociaux, il peut y avoir un phénomène d'amplification et d'émulation entre les adolescents. Ils peuvent être tentés d'aller toujours plus loin dans des défis dangereux, en mélangeant toutes sortes d'alcool et de substances plus ou moins consommables", indique le docteur. "Si les jeunes ne sont pas critiques vis à vis de ces pratiques, ces défis peuvent engendrer des accidents, notamment chez les jeunes qui vont être les plus fragiles, qui vont vouloir se valoriser via l'image", ajoute-t-il.
Une alcoolisation massive et rapide "peut créer des troubles du comportement dangereux, comme des passages à l'acte violents, où à l'inverse des situations dans lesquelles des jeunes sont victimes de violences, pouvant aller jusqu'à l'agression sexuelle", souligne David Mété.
Autre risque, celui de tomber dans un coma éthylique et même, "en cas de consommation extrême", en arrêt cardio-circulatoire. Et répété souvent, ce genre de jeux favorise "une dépendance à l'alcool". D'où la nécessité de rester "très vigilant" par rapport à cette nouvelle tendance.
D'autant que Facebook et les réseaux sociaux font office d'amplificateur de ces pratiques absurdes. A contrario, certaines personnes ayant été désignées ont souhaité détourner de manière intelligente le jeu, en donnant de la nourriture à des SDF, par exemple, ou en participant à d'autres actions caritatives.


