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La manifestation du 1er mai aura lieu au Port, berceau des luttes syndicales

Ecrit par T.L. – le lundi 27 avril 2026 à 16H19

Alors que la colère sourde de la population gronde face à la hausse des coûts des carburants et à la vie chère, les syndicats entendent remobiliser la population à un an de l’élection présidentielle autour des fondamentaux des luttes sociales et du combat contre l’extrême-droite.

« Pain, Paix, Liberté ! » martèle le slogan imprimé sur les tracts. L’intersyndicale CGTR – FSU- FO, SNAIPER, UNSA, Union étudiante 974 – Solidaires revient aux fondamentaux de la lutte syndicale, à l’occasion de la traditionnelle manifestation de ce vendredi 1er mai qui se déroulera, fait inhabituel, dans les rues de la ville du Port.

Le rendez-vous est fixé à 9h devant les locaux de l’Urso (Union régionale des syndicats de l’Ouest) au 23 boulevard de Verdun, non loin de la salle de spectacle du Kabardock, pour un parcours de manifestation de 1,8 km en direction de la piscine du Port, à proximité du front de mer où se déroulera le pique-nique final.

Un 1er mai sous le signe des symboles des luttes sociales

Une manifestation du 1er mai placée sous le signe de la symbolique des luttes sociales, puisque le cortège s’élancera du centre-ville du Port, berceau du syndicalisme réunionnais et des combats pour la mensualisation des dockers, et se dispersera sur l’avenue Ivan Hoareau, dénommée ainsi en hommage à une figure de la CGTR connue de tous les Réunionnais.

Ce lundi 27 avril, lors d’une conférence de presse commune, l’intersyndicale CGTR – FSU- FO, SNAIPER, UNSA, Union étudiante 974 – Solidaires est revenue sur le sujet de la vie chère et de la hausse des prix des carburants. « La Région a fait l’effort pour les transporteurs et les entreprises, mais les gens qui se lèvent le matin pour aller travailler avec leur voiture, eux, ils n’ont rien », a vivement déploré Jacky Balmine, le secrétaire général de la CGTR, en appelant à une « équité » dans la redistribution de l’argent des contribuables.

Lire aussi : "On nous a déjà volé le 20 Décembre" : les syndicats veulent sauver le 1er mai

« Il faut un blocage des prix des carburants », ajoute son homologue de FO Jean-Paul Paquiry. « Le préfet nous avait dit que nous avions quatre mois de réserve de carburants, pourquoi alors avoir augmenté les prix immédiatement ? », interroge-t-il.

« Les aides publiques aux entreprises doivent être conditionnées »

« Beaucoup de familles comptent chaque euro pour boucler leurs fins de mois. Chaque euro supplémentaire dépensé dans l’essence, c’’est un euro en moins dans la nourriture », avance Jocelyne Latchimy, secrétaire départementale de la FSU.

Interrogée par Zinfos974 sur cette grogne syndicale, la Région avance que l’effort sur les carburants pour le grand public ne peut relever que des pétroliers eux-mêmes, soulignant que le montant du programme routier de la collectivité correspond au triple de la dotation rapportée par les taxes pétrolières. La Région insiste aussi sur l’effort financier consenti (sans l’aide du Département) pour le maintien de la bouteille de gaz à 18 euros, ou encore sur ses abonnements demi-tarifs sur les lignes Car Jaune.

« Il faut s’attendre à des pénuries de riz à moyen terme », prévient pour sa part Didier Debals, le fondateur du SAIPER, en faisant référence aux conséquences du blocage du détroit d’Ormuz. Tandis qu’Érick Chavriacouty, le secrétaire général de l’UNSA, appelle à un contrôle des prix, ajoutant que « les aides publiques aux entreprises doivent être conditionnées en termes d’emplois ».

Le souvenir des manifestations du COSPAR

Christian Monteil (Solidaires) apporte une note positive dans le climat de crise sociale en rappelant qu’à partir du 1er mai, la charte sociale européenne sera applicable à La Réunion et dans tous les Outre-mer, un combat notamment porté par la sénatrice Audrey Bélim.

Le président de l’Union étudiante 974, Rayan Remtoula, prend le parti courageux des étudiants étrangers victimes de la hausse des prix d’inscription, en soulignant qu’à La Réunion, cette mesure gouvernementale (dont les conséquences sur le plan diplomatique ne semblent pas avoir été mesurées) impactera directement les étudiants de Madagascar et des Comores en les privant d’accès à l’université de La Réunion.

« L'année prochaine, c'est l’élection présidentielle, c'est le moment de montrer que la peur a changé de camp », lance Vincent Nativel (Solidaires), en faisant du combat contre l’extrême-droite un facteur de convergence des luttes sociales. Pour la CGTR, Corine Ramoune a de nouveau remémoré que les impressionnantes mobilisations du COSPAR en 2009 avaient abouti à la création du BQP, ou encore à une prime pouvant s’élever à 150 euros pour les travailleurs touchant moins de 1,4 fois le SMIC.

Etiquettes : 1er Mai | Carburants | Le Port

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