La guerre au Soudan ajoute des minutes de vol entre Réunion et métropole

Depuis le 15 avril, les compagnies aériennes desservant La Réunion ont reçu de la direction de la Sécurité de l'Aviation civile un message les invitant à contourner l'espace aérien du Soudan, ce que nous confirme la compagnie Corsair. "Nous avons pris la décision d'éviter le survol du Soudan dès la dégradation de la situation, c'est-à-dire le 15 avril, faisant suite à une communication de la DGAC".
Si le contournement du Soudan n'implique pas de temps de vol supplémentaire dans le sens Paris-Orly / La Réunion, dans le sens La Réunion / Paris-Orly, les passagers doivent composer avec un allongement du temps de vol de l'ordre de 20 à 30 minutes, en fonction des conditions météorologiques.
"Aucun surcoût"
"Il existe plusieurs routes alternatives qui permettent d'éviter le survol du Soudan", ajoute Corsair qui nous précise que ce nouveau paramètre n'implique "aucun surcoût sur la liaison Paris-Orly / La Réunion".
Depuis le 15 avril, le Soudan vit des heures sombres. Les combats opposant le chef de l'armée régulière, Abdel Fattah al-Burhane, et son numéro deux Mohamed Hamdane Daglo, à la tête des paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR), ont fait au moins 528 morts et 4.599 blessés.
Le 23 avril, l’Autorité de l’aviation civile soudanaise avait prolongé les restrictions sur les vols dans l’espace aérien du pays jusqu’au 30 avril. Un message qui faisait écho à celui des forces armées soudanaises prévenant que "toute violation de l’espace aérien aura des conséquences".
Ce vendredi matin, les FSR ont ouvert le feu à l'arme légère sur un avion militaire de type C-130 en approche de l'aéroport de Wadi Seidna, au nord de la capitale Khartoum. L'appareil mobilisé pour évacuer des citoyens turcs a malgré tout pu atterrir puis quitter le Soudan avec ses passagers.
La France, qui a lancé samedi 22 avril l’opération baptisée « Sagittaire », a fait sortir du pays plus de mille personnes dont 216 ressortissants français pris au piège des combats entre l’armée soudanaise et le groupe paramilitaire des FSR.
Les combats ont provoqué un exode massif dans ce pays de 45 millions d'habitants, déjà l'un des plus pauvres au monde.


