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La FRCA placée en liquidation judiciaire​

Ecrit par J.D – le mercredi 12 mars 2025 à 12H05

C'est un nouveau coup dur porté à l'agriculture réunionnaise. Entre les problèmes de nombreuses coopératives, la situation de l'Urcoopa via sa filiale Soficoop, c'est au tour de la FRCA d'être placée en liquidation judiciaire suite à une décision du tribunal de commerce de Saint-Pierre.​

Le tribunal de commerce de Saint-Pierre a placé en liquidation judiciaire la FRCA (Fédération régionale des coopératives agricoles de La Réunion), comme le rapportent nos confrères du Quotidien. En procédure collective depuis 2024 (redressement judiciaire), la FRCA ne pouvait faire face à un passif estimé à plus de 600 000 euros.​

C'est un pan de l'histoire de l'agriculture réunionnaise qui disparaît aujourd'hui. La Fédération régionale des coopératives agricoles de La Réunion, ou FRCA, est un syndicat professionnel de La Réunion. Créée en 1979, elle regroupait l'ensemble des coopératives agricoles, des sociétés d'intérêt collectif agricole, des coopératives d'utilisation de matériel agricole et des unions liées à l'agriculture à La Réunion, ce qui représente plus de soixante structures. Son siège était situé à Saint-Pierre.​

En mai dernier, le tribunal de commerce de Saint-Pierre avait accepté le placement en redressement judiciaire du syndicat professionnel. « La procédure a débuté fin 2023, suivie d'une mise en redressement judiciaire en mai 2024. Notre organisation, bien que de petite taille, fonctionnait comme une mini chambre d'agriculture, avec des missions dédiées à l'accompagnement des agriculteurs. Malheureusement, nous avons observé une diminution des demandes, tandis que les charges restaient constantes, créant un effet ciseaux. Cette situation a aggravé notre déficit financier. De plus, des avances de fonds ont été effectuées entre entités, ce qui a contribué à la situation actuelle », explique Alain Dambreville, président de la FRCA.​

Des investigations pour trouver les responsables de faute de gestion

Selon nos informations, cette situation découle aussi d'une gestion anachronique de la fédération censée représenter le monde agricole réunionnais. Mais aussi d'un autre dossier : la société Camp Pierrot en charge du traitement des effluents d'élevage de Grand Ilet à Salazie et intimement liée à la FRCA. Le dénominateur commun ? L'ancien directeur général qui pilotait les deux structures.​

Lire aussi : Effluents de Grand Ilet : Le président de la SAS Camp Pierrot jugé pour abus de biens sociaux et banqueroute

Depuis une dizaine d'exercices, la structure présentait des résultats négatifs. Une alerte du président, mais aussi du commissaire aux comptes, a envoyé la structure devant le tribunal de commerce. Certaines sources parlent même de cavalerie financière et la question d'une action en comblement de passif a été évoquée par le tribunal. Ce que confirme le président. « L'ex-directeur avait un avenant à son contrat, prévoyant une indemnité équivalente à un an de salaire brut, en plus des droits réglementaires classiques. Cependant, dans une structure associative avec un chiffre d'affaires de 500.000 euros, cela représentait une charge financière importante qui n'avait pas été provisionnée, constituant une double erreur », poursuit-il. Une indemnité de 300.000 euros est évoquée. Beaucoup trop importante pour une association. L'avocat du mandataire judiciaire, Me Bach, a fait savoir que des investigations devraient être engagées, ce qui pourrait potentiellement engager la responsabilité de certains membres pour faute de gestion.​

Et pour la suite ? « Lors des réunions du conseil d'administration, il avait été décidé de ne pas fermer la structure en raison des nombreux dossiers transversaux où la FRCA était un interlocuteur clé. La possibilité de continuer l'activité a été envisagée, avec une réflexion sur le maintien de l'activité syndicale, mais sans l'accompagnement habituel. Cette réflexion est jugée nécessaire, car sans interlocuteur, de nombreux dossiers tels que l'aménagement, les subventions et le POSEI seraient laissés sans suivi. »​

« Il est essentiel que l'État et les collectivités mettent en place un nouvel interlocuteur pour assurer la continuité de ces dossiers et maintenir une activité syndicale. »​

La réflexion d'une suite à donner à la fédération est une nécessité alors que le monde agricole traverse une tempête sans précédent, au propre comme au figuré, à La Réunion.

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